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John meurt à la fin : un roman hautement décalé !

Durant la décennie passée, j’ai lu plus de 1 200 livres et John meurt à la fin est de loin le plus barré, le plus déjanté, le plus absurde d’entre eux. Vraiment, et avec une bonne longueur d’avance. Du titre façon spoiler à la couverture présentant un flacon de sauce soja avec une seringue, en passant par l’accroche de la quatrième de couverture : « ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi », tout semble nous mettre en condition, et pourtant, on reste tout de même totalement surpris par le contenu délirant de ce roman hautement distrayant.

Le roman de David Wong commence un peu comme Entretien avec un vampire : le jeune David retrouve un journaliste dans un restaurant, afin de lui raconter son incroyable histoire, en vue d’un article. La référence s’arrête là. Pas de vampires, mais une étrange substance brune et des « monstres à perruque » qui grouille partout… Bienvenue dans le monde complètement fou de David et de John.

Prenez deux types lambdas, qui n’ont rien demandé, dans un bled américain tout ce qu’il y a de plus banal. David et John sont cinéphiles et férus de jeux vidéos, ils n’ont pas de perspectives de carrière (autres que le vidéoclub minable où ils travaillent), sont fauchés et célibataires. Lors d’un concert, ils sont précipités dans une histoire pour le moins rocambolesque : John, le plus instable des deux, accepte d’un étrange Jamaïcain prénommé Robert Marley (How convenient!) une nouvelle drogue révolutionnaire : la sauce soja. David, qui s’était éclipsé avant, est réveillé quelques heures plus tard par un appel paniqué de John. La moitié des gens qui ont pris cette drogue est morte, et l’autre a disparue. Peu après, la police s’en mêle, et David se retrouve coffré par le sosie de Morgan Freeman. Et David se rend compte que quelque chose de vraiment bizarre se trame quand il reçoit un coup de téléphone de John, alors que celui-ci se tient à ses côtés, puis quand un chien se met à lui parler… Quelques bizarreries plus tard, dont un hot-dog téléphone, David et John se retrouvent en chemin pour une conférence sur le surnaturel à Las Vegas, avec un type possédé et une fine équipe de bras cassés, et en conséquence avec la sensation d’être vraiment, vraiment dans une situation intenable.

John meurt à la fin

Difficile de résumer ce livre inclassable qui ressemble à une version hardcore de Very Bad Trip croisée avec Le Livre sans nom, à un roman d’horreur de série Z mélangé à une comédie bien lourde. John meurt à la fin est un récit plutôt complexe, qui mélange plusieurs histoires et nous présente plusieurs personnages, tous hauts en couleur, quand ils ne semblent pas tout simplement bons pour l’asile. Le fameux John est sans conteste le plus délirant d’entre eux, une sorte de cas social adepte de l’humour cour de récré et des vantardises sur une certaine partie de son anatomie. C’est à cause de John que David, plus raisonnable, se retrouve embarqué dans cette histoire où votre télé peut vous regarder, où la mort n’est pas toujours définitive (et comme dit David : « Une résurrection était presque toujours une mauvaise chose, j’avais appris ça dans les films. Pour un Jésus, on a des millions de zombis. » p. 336), et où l’on peut effacer quelqu’un du présent comme du passé. On ne sait jamais où le récit, mené tambour battant, va les entraîner : le rythme est soutenu et ne laisse pas de place à l’ennui. David Wong peut se montrer très créatif quand il s’agit d’imaginer des rebondissements pour le moins inhabituels. Il est tout à fait obligatoire de se débrancher de la réalité, d’oublier la logique et de se laisser porter pour apprécier pleinement John meurt à la fin.

Plongez-vous dans ce roman improbable pour découvrir si John meurt vraiment à la fin.

Bon à savoir : le livre a été adapté au cinéma par Don Coscarelli.

John meurt à la fin, David Wong. Super 8, octobre 2014. Traduit de l’anglais par Charles Bonnot.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde (598 Articles)
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.
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2 Commentaires le John meurt à la fin : un roman hautement décalé !

  1. Il faut que je lise ça ! Hop, wishlist, accepte ce nom à bras ouverts. Merci pour le conseil, ô Café Powell !

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