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Zoom sur Maman a tort, le nouveau Bussi !

Maman a tort, Michel Bussi, Presses de la cité

D’un tour de passe-passe fort connu, Michel Bussi nous provoque, pauvres lecteurs influençables et superficiels que nous sommes. Une quatrième de couverture qui nous promet monts et merveilles dans les méandres de la mémoire d’un enfant de trois ans et demi et une couverture qui enfonce le couteau marketing… Ces aspects là mis de côté, on ouvre le livre qui commence par le milieu, nous donnant déjà quelques indices quant à la trame mais qu’on aura beaucoup de difficultés à retenir avant de les comprendre trois cents pages plus loin. Ce roman est un fouillis innommable qui doit perdre beaucoup de lecteurs.

Maman a tort, Michel Bussi, Presses de la cité

Tous les ingrédients de l’auteur, que l’on connaît à présent, sont réunis, les bons, comme les mauvais. Le petit Malone inquiète son psychologue scolaire quand il prétend que sa mère n’est pas celle qui porte actuellement ce titre. Des preuves étayent les propos de l’enfant, des dessins, des peurs mais surtout un instinct. Cette première partie dans laquelle Vasile (notre psychologue) va tenter de s’allier la commandante Augresse à grand renfort d’explications sur le fonctionnement de la mémoire des jeunes enfants est la plus palpitante. Elle est malheureusement parasitée par une seconde affaire qui occupent les polices du Havre, de Deauville et d’autres villages alentours. Ce choix narratif confère à l’embrouillamini que l’on ressent. Premier ingrédient : décrire un méli-mélo afin que le lecteur parte dans des thèses différentes toutes les dix lignes. Le deuxième ingrédient est celui du temps car les retours en arrière ou les sauts dans le futur rendent la lecture laborieuse voire très ennuyeuse. Le troisième ingrédient qui ne sauve rien, ce sont les clins d’oeil réguliers (Augresse n’est pas le bon exemple) à d’autres oeuvres artistiques.

Quoi qu’il en soit, la sauce ne prend pas et la mayonnaise monte difficilement. Parce que trop c’est trop. Ce qui avait pu surprendre dans Un avion sans elle ou Les Nymphéas noirs c’était la simplicité avec laquelle le lecteur se prend au jeu. Dans ce dernier roman, on se lasse, on s’ennuie malgré les rebondissements répétitifs et on finit par lire en diagonale. Il eut sûrement été préférable de jouer sur la fiabilité des dires de Malone, sur la psychologie des personnages que d’aller aussi loin dans les retournements de situation et les poursuites en voiture. Ce qu’on aurait pensé être finesse n’est que lourdeur et perte de temps.

Maman a tort, Michel Bussi. Presses de la cité, 07 mai 2015.

Par Bérangère

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