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A Silent Voice 4 : où l’on reparle mentalités et handicap …

A Silent Voice, Yoshitoki Oima, Ki-oon

Quatrième tome pour A Silent Voice et la série continue sur sa très bonne lancée !

Le volume reprend exactement là où s’était arrêté le précédent. Et, vu la fin en demi-teinte, le lecteur est en pleine expectative. Cette fois, c’est Shoya qui est vraiment au centre de l’histoire, au moins dans la première partie. En effet, Tomohiro – son seul ami – est bien décidé à réaliser un court-métrage. Mais, pour cela, il lui faut des acteurs, ce qui lui permet de faire d’une pierre deux coups en tentant de trouver des amis à Shoya (qui reste un grand solitaire). Évidemment, ce n’est du goût du jeune homme, mais il fait avec. Comme Tomohiro doit inviter Yuzuru, la jeune sœur de Shoko, au parc d’attractions, il est décidé que Miyoki, Shoya et Shoko seront aussi de la partie.
Mais le jour J, Shoya découvre que la petite sortie s’est transformée en rendez-vous des grands anciens, puisque les filles de son ancienne classe, qu’il a retrouvées dans le volume précédent, sont présentes, en compagnie d’autres personnes.

Peu à peu, il se déride… se pourrait-il qu’il commence même à se faire des amis ?

Comme le jeune homme est au centre de l’histoire, on appréhende mieux ses pensées et sa façon de procéder (ne pas trop s’attacher). De plus, Naoka étant présente, Shoya continue de se poser d’intenses questions sur ce qui fait que l’on est un ami et, surtout, sur ce qui l’a amené à changer si profondément – il se demande toujours s’il a réellement changé ou si ce n’est qu’une façade. Yoshitoki Oima accorde une vraie profondeur psychologique aux personnages et, si le volume peut sembler un peu plat (ni péripéties haletantes, ni révélations fracassantes), c’est le suspens psychologique qui tient le lecteur en haleine.

Et cette sortie va ramener au centre de la série un sujet qui était passé en toile de fond alors qu’il était fondamental dans le premier volume : le harcèlement. Naoka, on l’a vu, est d’avis que Shoko ne mérite pas mieux que d’être maltraitée et montre à nouveau combien elle est convaincue de ce qu’elle prône. Son discours, violent, est assez dérageant. Pire, il permet de faire un parallèle avec l’histoire de Shoko : opérant un petit flashback, Yoshitoki Oima détaille l’histoire familiale de Shoko, montrant l’abandon du père. Soutenu par sa famille, celui-ci renie sa fille handicapée, accusant sa femme d’être « défectueuse » et refusant une telle « honte » pour son nom. C’est terrifiant sur l’état des mentalités sur le handicap – mais malheureusement pas si éloigné que ça de la vérité.

A l’issue de ce tome, on a vraiment la sensation de mieux connaître les protagonistes en présence, qu’il s’agisse de Shoya ou de Shoko et sa famille très proche. Et, cette fois, le volume s’achève sur une note plus joyeuse que précédemment: vivement la suite !

A Silent Voice, tome 4, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin. Ki-oon, juillet 2015.

A propos Oihana (444 Articles)
<p>Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.</p>

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