Je le veux : ça passe ou ça casse

Autant vous avertir tout de suite, cet avis n’est ni extravagamment positif, ni dangereusement négatif. Voyons ensemble les plus et les moins de cette histoire assez singulière.

Tout d’abord, le style de l’auteur. Aïe, déjà, un plus ou un moins ? Disons quand même un plus. La plume est assurée, l’ambiance légère et agréable et le lecteur appréciera sans doute le point de vue de Lily donné à la première personne et au présent. C’est donc dans sa tête que se déroule toute l’histoire : Lily, une jeune femme jolie, battante et ambitieuse qui n’apprécie pas qu’on lui marche sur les pieds. Le lecteur s’attend à une héroïne dominante et pétillante qui croque la vie à pleine dents… Certes Lily croque beaucoup de choses, mais surtout des hommes. Car oui, Lily a 27 ans, son mariage avec Will est imminent (dans 8 petits jours elle devra dire oui à cet homme charmant, intelligent et bien élevé), mais elle a un léger défaut : Lily est une nymphomane dans l’incapacité d’être fidèle. Ce n’est pas faute de se raisonner, d’écouter les conseils de ses amies et de sa famille. Et si le sort avait décidé de jouer un peu avec elle : Will cache-t-il un terrible secret sous ses airs d’intello coincé ?

Je le veux, Eliza Kennedy, Robert Laffont

Evidemment, je suis dans l’obligation de m’arrêter là dans mes explications de l’intrigue pour ne pas trop en dévoiler et ainsi vous gâcher la surprise. Car surprise il y a. Malheureusement, et il s’agit du gros point noir de ce roman, la crédibilité de la surprise fait défaut. Le lecteur se retrouve donc au cœur d’une histoire d’amour impossible entre deux êtres amoureux, pour on ne sait qu’elle raison, et qui doit, en plus, assister aux parties de jambes en l’air très régulière de l’héroïne. Certes l’alchimie physique d’un couple est un point important d’une aventure amoureuse, mais je crains que l’auteur se soit un peu mélangé les pinceaux avec les styles. En effet, elle a souhaité (j’imagine) offrir une comédie romantique s’inspirant de la new romance (genre de littérature érotique en vogue) mais a, hélas, visé à côté du panier. Avec une héroïne peut appréciable, et un compagnon aussi passionnant qu’une carpe endormie, on en attendait mieux de cette couverture jaune pétante.

Bref, cette aventure légère de Lily et Will peut plaire pour une lecture sans prise de tête sur la plage. Hélas, elle n’a pas les épaules pour être gravée à tout jamais dans le marbre mémorial des lecteurs. Dommage.

Je le veux, Eliza Kennedy. Robert Laffont, mai 2015.

A propos Severine Le Burel 136 Articles
Littéraire dans l’âme, j’attends d’un roman, film, ou fiction de l’émotion, des bouleversements, un ouragan de sentiments… Bref, j’aime qu’une histoire me touche et me transforme.

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