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Le Dernier songe de Lord Scriven : mystères, géopolitique et enquête par les songes !

POLAR FANTASTIQUE JEUNESSE — Éric Senabre a publié, entre autres romans destinés à la jeunesse, une série explorant les entrailles du métro. Il revient avec un nouveau titre, Le Dernier songe de Lord Scriven, premier d’une série, flirtant entre polar holmesien, récit fantastique et roman d’espionnage !

Christopher Carandini, dit Toph, est un journaliste fini. Lui qui a régalé ses lecteurs de scandales et de révélations croustillantes a chatouillé le client riche et bien introduit de trop. Le voilà sans travail, à la rue, et interdit de rédactions. Il postule alors à une petite annonce l’invitant à travailler à Portobello Road, pour le compte d’un certain Arjuna Banerjee… sur le sommeil duquel il doit veiller. Facile, non ?
Sauf que Banerjee est un genre d’enquêteur, sorte de Sherlock Holmes surdoué… du songe. Pour résoudre les problèmes qu’on lui soumet, après avoir écouté un topo complet de la situation, il se livre à une sieste de vingt-six minutes – pas une de plus ! – qui lui permet de démêler l’écheveau.

Cette fois, on leur demande d’enquêter sur le très mystérieux décès de Lord Scriven, marchand d’armes de son état, retrouvé mort dans son bureau hermétiquement clos de l’intérieur… et manifestement assassiné. Mais le plus bizarre, c’est que c’est Lord Scriven lui-même, dont l’âme s’est réfugiée dans le corps de son secrétaire, qui leur demande d’enquêter ! Qui avait intérêt à ce que Lord Scriven meure ? Qui pouvait en vouloir à sa famille, à son industrie ? Mystère… Voilà Carandini et Banerjee lancés aux trousses des malfaiteurs !

C’est dans l’Angleterre du début du siècle qu’Éric Senabre place son intrigue. Au menu : manoirs classieux avec moult domestiques, enquêtes tarabiscotées et politique internationale. Le décor est extrêmement soigné, on s’y croirait ! De plus, Banerjee ressemble furieusement à Sherlock Holmes, dont il utilise les méthodes de déduction – le rêve en sus. Cela rend les enquêtes proprement trépidantes, alors qu’on aurait pu craindre un certain ennui dû à la station mobile des enquêteurs. Mais pas du tout ! Il faut, en effet, décrypter les indices hautement symboliques recueillis par Banerjee : si certains s’avèrent transparents, d’autres sont nettement plus alambiqués. De plus, cela précède des scènes d’action trépidantes : en bons détectives victoriens, Banerjee et Carandini ne reculent devant aucune filature ou infiltration musclée et donnent de leur personne ! L’ensemble est donc aussi rythmé que prenant, ce qui compense le côté légèrement superficiel des personnages – qui ne sont pas tout à fait aussi creusés qu’ils le mériteraient. Ceci étant dit, Éric Senabre annonce, à l’issue du roman, que son duo reviendra – ce qu’on attend avec impatience ! – aussi peut-on imaginer que les personnages s’étofferont par la suite. Malgré cela, le duo est aussi efficace qu’attachant.

C’est avec plaisir que l’on suit les investigations de Carandini et Banerjee, qui les amènent à toucher du doigt des dossiers très sensibles, en rapport avec la géopolitique. Si l’ensemble est complexe, Éric Senabre rend le tout accessible : Le Dernier songe de Lord Scriven est donc un excellent polar pour adolescents qui joue sur un duo original, des enquêtes soignées et une délicieuse  ambiance feutrée flirtant avec le fantastique et le danger !

Le Dernier songe de Lord Scriven, Éric Sénabre. Didier Jeunesse, 17 février 2016.

A propos Oihana (434 Articles)
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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