C'est tout chaud !

Trois bonnes raisons de regarder Unbreakable Kimmy Schmidt

SÉRIE TV — Un générique improbable et étonnamment entraînant (It’s a miracle !), une héroïne candide et so 90’s, un sidekick déjanté et attachant… vous l’aurez peut-être compris, aujourd’hui, nous vous parlons de Unbreakable Kimmy Schmidt, une série produite par Netflix. Imaginez : un prédicateur fou vous a enlevée à l’âge de quatorze ans et vous a gardée enfermée avec d’autres femmes dans un bunker, en vous racontant que l’humanité a été rayée de la carte. Puis le SWAT arrive et vous délivre. Vous avez vingt-neuf ans, vous êtes subitement surmédiatisée (on vous donne le surnom charmant de « femme taupe »), et vous avez perdu quinze ans de votre vie. C’est ce qui arrive à Kimmy Schmidt qui, à peine sortie du bunker, décide de prendre sa vie en main et de conquérir la Grosse Pomme. Attention New York, Kimmy arrive !

Mais c’est bien compliqué quand vous n’avez ni diplôme, ni expérience professionnelle, ni personne pour vous aider…

Une série résolument optimiste

C’est pour cela que l’on aime cette série : même si Kimmy part avec un sérieux désavantage dans la vie, elle y croit à fond, et ne se laisse pas démonter par les nombreux obstacles qui surgissent sur sa route. À ses yeux, rien n’est insurmontable. On aime son enthousiasme, sa naïveté et son charme décalé de grande adolescente tout droit sortie des années 90. Avec force et courage, elle décide de mettre de côté son passé traumatisant pour aller de l’avant : en un tour de main, elle se trouve un appartement, qu’elle partage avec l’inénarrable Titus, et un emploi dans une demeure huppée de Manhattan. Ellie Kemper excelle dans le rôle de Kimmy, et parvient à en faire un personnage solaire et désarmant, dont la candeur et l’enthousiasme débridé font la grande force. Le message de la série ? Tout est possible ! Même surmonter les expériences les plus difficiles qui soient…

Des seconds rôles à se tordre de rire

La série n’est pas uniquement portée par le personnage de Kimmy, aussi délicieusement fofolle et joyeuse soit-elle. Difficile de ne pas parler de son colocataire, Titus, un aspirant chanteur qui rêve de brûler les planches à Broadway et qui, autrefois, a quitté son Mississippi natal pour vivre le rêve new-yorkais. Titus est le roi des bons mots, et l’empereur du gag. Sorte de grand frère bienveillant pour Kimmy, il lui montre avec humour les ficelles de la vie dans la Grosse Pomme. Mais bien souvent, les rôles s’inversent et c’est Kimmy qui fait office de moteur dans leur duo, n’hésitant pas à le remotiver et à lui faire garder espoir.

Et comment ne pas évoquer Lilian, leur logeuse, qui est probablement à New York ce qu’Anna Madrigal est à San Francisco, une vieille hippie farfelue dont les apparitions sont presque toujours comiques ?

Et enfin, la série ne serait pas ce qu’elle est sans le personnage de Jacqueline, la patronne complètement barjot de Kimmy ! Ancienne hôtesse de l’air qui a mis le grappin sur un homme d’affaire influent, Jacqueline se complaît dans son rôle de femme au foyer richissime, aux passe-temps et aux obsessions tous plus absurdes les uns que les autres. Avec une telle brochette de personnages, la série ne pouvait qu’être à hurler de rire.

Mais c’est également une satire habilement tournée

« It’s her first day of everything » proclament les affiches promotionnelles de la série : effectivement, la candeur de Kimmy, qui découvre de nombreuses choses propres à l’âge adulte, à la vie dans une des plus grandes villes du monde ou à 2016, se prête à une véritable satire de la vie en Amérique de nos jours. Ne vous laissez pas berner par le côté acidulé et très mignon des premiers épisodes : la série n’épargne personne ! Jacqueline, caricature de la femme-trophée de l’Upper East Side, en prend ainsi plein la figure, de même que son entourage : sa belle-fille Xan, tout droit échappée de Gossip Girl, son chirurgien esthétique, dont la peau est tellement tirée qu’il en devient effrayant, son fils, enfant-roi aux pulsions violentes préoccupantes… De manière plus sérieuse, Titus crie au monde son mal-être et sa difficulté à gérer sa double image d’homme de couleur et de gay, même dans le New York de 2016. Dans l’épisode 8 de la première saison, il finit par décider d’arborer en permanence son déguisement de loup-garou, qu’il porte pour son travail dans un restaurant à thème, parce qu’il juge plus simple d’être une créature fantastique qu’un Noir à Manhattan… Triste constat.

Si cette première saison s’avère réjouissante et prometteuse, une interrogation demeure : comment tenir la distance, quand toutes les « premières fois » de Kimmy auront été épuisées ? Wait and see, comme disent nos amis américains…

A propos Emily Costecalde (598 Articles)
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.
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