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Ghost in the Shell revient avec une très belle adaptation !

Ghost in the Shell

CINÉMA — Dans Ghost in the Shell, l’esprit et l’âme d’un être humain sont extraits, conservés et réintégrés dans un nouveau corps technologiquement avancé, mais l’amélioration de ses capacités originelles a un coût pour l’identité de cette âme. C’est ainsi que commence, bien sûr, le manga culte créé par Masamune Shirow en 1989. Le réalisateur Rupert Sanders honore avec talent l’esprit esthétique de l’adaptation animée de Mamoru Oshii.

Dans un Japon futuriste, des scientifiques sont parvenus à implanter avec succès un cerveau humain dans un corps de robot : c’est le Major. Considérée comme une arme mortelle par le patron de Hanka Corporation (incarné par Peter Ferdinando), notre héroïne a été formée par l’agence de contre-terrorisme du gouvernement pour diriger la brigade de l’article 9. Avec son fidèle acolyte Batou (incarné par Pilou Asbæk), le Major est chargé de traquer le mystérieux cyber-terroriste Kuze (joué par Michael Carmen Pitt), qui s’en est pris à Hanka et son entreprise via le piratage des robots de service en les obligeant à l’attaquer. Cependant, la capacité du Major à faire son travail va être entravée par une série de flashs… Elle commence à s’interroger sur ses origines… Qui est-elle vraiment ?

Une controverse a persisté sur ce remake occidental avec au casting Scarlett Johansson dans le rôle principal, ce qui inquiète les puristes du cinéma animé japonais. La version de Sanders est pourtant remarquablement fidèle au classique animé de Oshii, mais il y a eu quelques compromis, comme l’ajout d’une trame de fond émotionnelle par exemple.

C’est par ailleurs un remake en grande partie respectueux qui rend pleinement justice à la version originale. La conception de la production est tout à fait magnifique du début à la fin, de l’apparence des personnages aux conceptions de robots : par exemple, un robot Geisha qui attaque les membres du conseil d’administration fournit une image mémorable au début du film. Les paysages urbains sont également superbement travaillés, avec des hologrammes géants qui font office de panneaux d’affichage.

Les effets 3D sont réalisés dans les règles de l’art et méritent d’être vus sur grand écran. Scarlett Johansson nous livre une prestation de qualité, son regard suggérant l’émergence progressive d’émotions confuses sous son apparence par ailleurs implacable. Les seconds rôles sont tout aussi bons, en particulier Asbæk, dans le rôle de son coéquipier Batou, Takeshi Kitano en chef de l’article 9, et Juliette Binoche, qui apporte la chaleur nécessaire et beaucoup de compassion dans le rôle du docteur Ouelet.

En plus de fournir des séquences d’action déjà excitantes, le script aborde des thèmes de l’identité, de la mémoire, de la liberté et ce que cela signifie d’être humain, ce qui lance un début de réflexion par rapport à d’autres films de science-fiction.

Néanmoins, pour ce qui est de la partie réflexion, le pari est malheureusement perdu. L’histoire est ainsi considérablement simplifiée, voire dénaturée, passant de fable philosophique vertigineuse à une simple enquête policière doublée d’une quête d’identité. Celle-ci est incomplète et maladroitement montée. Il manque des pièces au puzzle et les questionnements importants sur l’intelligence artificielle sont occultés.

Ghost in the Shell reste un très bon film en tant que tel, une très belle adaptation du dessin animé au niveau visuel mais pêche un peu au niveau de la philosophie et des questionnements qui l’habitaient.

Au cinéma depuis le 29 mars 2017.

A propos Kévin Costecalde (121 Articles)
Passionné par la photographie et les médias, Kévin est chef de projet communication. En 2012, il a lancé le blog La Minute de Com, une excellente occasion selon lui d'étudier les réseaux sociaux et l'actualité. Curieux et touche-à-tout, Kévin aime les challenges, les voyages et l'ironie.

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