C'est tout chaud !

On a lu, mais…

ON A LU — Vous le savez, les rédacteurs de Café Powell sont de gros lecteurs ! Nous dévorons chaque mois une dizaine de bouquins, et généralement, nous essayons de tout chroniquer. Mais il arrive parfois qu’un livre patiente pendant quelques semaines, voire mois sur la pile des romans sur lesquels nous pensons écrire sans jamais être l’objet d’un article… Parfois par manque de temps, ou d’inspiration, ou parce qu’on n’a pas été franchement séduits… Voici quelques titres que nous avons lus, mais qui ne seront jamais chroniqués sur le site.

Les Cartographes, livre II : après un premier tome excellent, la déception…

Les Cartographes, livre II : Le Passage d'or, S. E. Grove, Nathan

Souvenez-vous : le premier volume de la trilogie de S. E. Grove avait été un de nos romans préférés en 2015. C’est donc avec impatience que je me suis plongée dans la suite, dans les derniers jours de 2016. Nous sommes désormais en juillet, et je n’ai toujours pas écrit mon article. Pourquoi ? Tout simplement parce que la lecture de cette suite a été pour le moins poussive. Nous retrouvons certes Sophia et Theo, et la particularité du monde imaginé par l’auteur qui m’avait tellement plu : chaque zone géographique est coincé à une époque temporelle bien précise. Si la côte est des États-Unis se situe en 1892, le Maghreb est resté au temps des Pharaons, et l’Europe est coincée quelque part en pleine Renaissance… Le principe est audacieux, et était habilement traité dans le premier volume.

Alors, qu’est-ce qu’il ne va pas dans cette suite ? L’auteur a décidé de séparer ses personnages et de mener plusieurs fils narratifs de front. Résultat : on perd le rythme efficace du premier tome, et on s’ennuie pendant la plus grande partie du périple de Sophia. L’enquête que mène Théo de son côté est plus intéressante, mais cela ne suffit pas à donner envie de découvrir le troisième tome. Dommage. Cette trilogie était prometteuse, mais pour nous, le chemin s’arrête ici.

Emily

Les Cartographes, livre II : Le Passage d’or, S. E. Grove. Nathan, 2016. Traduit de l’anglais par Sophie Dabat.

La Racine carrée de l’été : pas trop mal, mais…

La Racine carrée de l'été, Harriet Reuter Hapgood, PKJ

Voilà un roman qui combine maths et romance : il fallait oser ! La Racine carrée de l’été nous conte l’histoire d’une jeune fille qui souffre d’étranges absences pendant lesquelles elle est projetée dans ses souvenirs, notamment de l’été dernier où elle a connu son premier amour (et dans la foulée, son premier chagrin d’amour) et le deuil de son grand-père qu’elle adorait. Ajoutons à cela le retour en ville de son meilleur ami d’enfance, devenu depuis, forcément, un bel adolescent séduisant…

Ce n’est pas un mauvais roman. En fait, La Racine carrée de l’été se découvre sans déplaisir, ça se lit plutôt rapidement mais quelques semaines après lecture, on se rend compte qu’on a déjà oublié les détails de l’intrigue, qui s’avère cousue de fil blanc, et parfois un peu confuse. L’héroïne n’est malheureusement pas particulièrement attachante, au contraire de Thomas, le fameux voisin de retour après des années d’absence, ou Grey, le grand-père décédé, qui s’avère être une sacrée personnalité romanesque ! Finalement, quand on reste de marbre après avoir lu un roman qui parle des premières amours, d’une rupture, d’un deuil, c’est qu’on est probablement passé à côté…

Emily

La Racine carrée de l’été, Harriet Reuter Hapgood. PKJ, 2016. Traduit de l’anglais par Juliette Lê.

La Voix de Papageno : deux… sans trois

La Voix de Papageno, Brahim Metiba, Editions du Mauconduit

De Brahim Metiba, nous vous avions parlé de Ma mère et moi et de Je n’ai pas eu le temps de bavarder avec toi, deux titres qui exploraient avec talent l’incommunicabilité qui peut exister entre les êtres, notamment au sein des familles. Pour la rentrée littéraire de janvier, l’auteur publiait La Voix de Papageno, à nouveau un court texte, dans lequel le personnage éponyme éprouve une admiration sans bornes pour son frère aîné Tamino, un acteur de talent.
Si le ton est toujours assez sombre, et toujours porté par un style atypique, le texte évoque cette fois l’oppression religieuse, et autant d’autres thèmes connexes qui sont tout d’actualité.

Si les deux autres titres de l’auteurs avaient su m’emporter dès la première phrase, cette fois je suis restée curieusement hermétique au texte. J’en ai suivi les protagonistes, tenants et aboutissants, mais sans jamais me sentir partie prenante, ce qui me fait dire que je suis sans doute passée à côté

Oihana

La Voix de Papageno, Brahim Metiba. Editions du Mauconduit.

Le Seigneur d’Opium : rencontre manquée !

Le Seigneur d'Opium, Nancy Farmer, L'École des loisirs

Voilà un roman qui, sur le papier, avait tout pour plaire : un adolescent propulsé Seigneur de la drogue, une histoire de clonage avec les problèmes éthiques forcément liés, et la gestion (difficile) d’un pays imaginaire coincé entre les États-Unis et le Mexique… Deuxième volume d’un diptyque, ce roman peut se découvrir même si vous n’avez pas lu le premier tome. On vous fait d’ailleurs un bref récapitulatif en début de roman, et une liste des personnages est également proposée. On découvre donc l’histoire de Matt, quatorze ans, clone d’un baron de la drogue désormais décédé, et donc héritier d’un empire narcotique. Alors que l’entourage du précédent maître des lieux pousse Matt à se montrer aussi ferme et cruel que son prédécesseur, le garçon, lui, ne songe qu’à deux choses : mettre fin à la culture de la drogue et libérer les serviteurs du pays, transformés en esclaves/zombies par une manipulation neurologique…

Pourquoi ça ne prend pas ? Difficile à dire, quand l’auteur avait toutes les cartes en main pour faire de son idée de départ un roman vraiment exceptionnel. Toujours est-il qu’on reste toujours en marge du récit, et que parfois, disons-le tout net, on s’ennuie un peu. Le personnage principal manque peut-être un poil de relief : c’est, il faut le préciser, le clone de quelqu’un et même s’il gagne en autonomie et en liberté de penser, il reste tout de même plutôt fade tout au long du récit. Dommage.

Emily

Le Seigneur d’Opium, Nancy Farmer. L’École des loisirs, janvier 2017. Traduit de l’anglais par Hélène Borraz.

4 Commentaires le On a lu, mais…

  1. « La Racine carrée de l’été »… sacré titre pourtant! Je trouverai autre chose pour égayer mes longues soirées estivales. Merci pour ces partages!

  2. Ho eh bien, je ne suis pas mécontente de m’être arrêtée après le premier volume des Cartographes, qui ne m’avait pas bottée plus que cela !

  3. Je me sens moins seule, je trouvais aussi que le tome 2 des Cartographes avait perdu de son charme alors que j’avais dévoré le premier. Je me suis arrêtée à plus de 100 pages, pas convaincue et avec la non-envie d’en faire aussi une critique sur mon blog.

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