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Le Pacte d’Emma – un premier roman de bit-lit qui revisite en partie le mythe du vampire

Nine Gorman, Le Pacte d'Emma, Albin Michel

YOUNG ADULT — Le Pacte d’Emma est le premier roman de Nine Gorman, que vous connaissez peut-être déjà à travers ses chroniques sur Booktube. Elle se décrit elle-même comme une grande passionnée de lecture, avec entre autres un penchant bien marqué pour la romance, le fantastique et le young adult. Et ce sont bien les thèmes mis à l’honneur dans son roman. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce texte a d’abord été publié sur la plateforme d’écriture Wattpad avant d’être corrigé, remanié et édité chez Albin Michel.

Emma est jeune, belle, intelligente, travailleuse. Mais elle est malade et ses jours sont comptés. Elle est en effet atteinte d’une maladie neurodégénérative rare et incurable, le syndrome de Beckyngton (ou Becky de son petit nom, façon compagnon d’infortune). Pour ne pas subir le poids cette maladie qui la condamne à court terme, Emma a tout plaqué et s’est installée à New York. Là-bas, elle va candidater à un poste de secrétaire chez Anderson Corporation. Mais cette décision risque bien de bousculer son quotidien. Et si, finalement, elle n’avait plus à avoir peur de mourir ?

À priori, après maintes recherches, cette maladie n’existe pas, même si elle n’est pas sans rappeler d’autres maladies dégénératives comme Huntington. C’est un peu surprenant dans le sens où il y a déjà tellement de maladies qui font des ravages, que ce roman aurait permis d’en faire connaître au moins une aux yeux du public. C’est particulièrement dommage car le sujet est assez bien traité : présente en filigrane mais pas trop, la maladie transparaît dans plein de petits détails aussi insignifiants que les polices d’écriture, sans trop verser dans la « Sick-litt » (ou littérature de « malades »). On sent la révolte d’Emma, sa lassitude parfois, son envie de se battre aussi. La vraie bonne surprise réside sans doute dans l’association de la maladie avec le thème des vampires : et si c’était la solution pour vivre coûte que coûte ? Nine dépoussière d’ailleurs le mythe vampirique avec brio : sans bousculer toute la mythologie qu’il peut y avoir derrière, elle se permet quelques écarts bienvenus avec ce que l’on a pu rencontrer dans Twilight ou The Vampire Diaries.

Si sa passion pour la lecture lui a permis d’éviter quelques écueils, on rencontre quand même quelques clichés. Comme dans les deux sagas citées précédemment, les personnages (notamment masculins) sont quelques peu caricaturés : nous avons Andrew, le vampire « bad boy », qui n’est pas sans rappeler un mélange de Christian Grey et Daemon Salvatore ; son frère Matthew, le gentil vampire (alias Stefan Salvatore) ; et Nathan, l’ami fidèle, tendre, célèbre et sexy pour ne rien gâcher. Ce défaut se manifeste moins chez les personnages féminins, à savoir Rebecca et Emma, qui sont dépeintes avec plus de subtilité.

Malgré tout, l’histoire est addictive. La plume de Nine Gorman est légère, fluide, dynamique et émaillée de références qui raviront les fans du genre. C’est un roman qui se lit très vite et la maladie d’Emma fait gagner le texte en intensité. Ce qui pourrait passer pour une romance classique en début de livre évolue assez vite et bouscule les codes. Le roman se clôt sur un magnifique cliffhanger mais il faudra patienter jusqu’à l’année prochaine pour connaître le destin des personnages.

Le pacte d’Emma, Nine Gorman. Albin Michel, Octobre 2017.

 

Par Coralie.

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