Nouvel article !

La Famille Winter : mieux vaut ne pas croiser leur chemin !

La Famille Winter, Clifford Jackman, 10/18 Bufford Tannen (Retour vers le futur III) aurait pu faire partie de la famille Winter !

ILLINOIS — Prenez une pincée de western, une louche de Tarantino et un soupçon de Bourbon Kid… et vous aurez une petite idée de ce que donne La Famille Winter.

Nous avons décidé de placer ce roman dans la catégorie « Illinois » car il se compose de plusieurs parties presque distinctes, dont une des plus importantes se passe à Chicago. Mais ce roman vous entraînera aussi dans le sud pendant la guerre de Sécession, dans l’Oklahoma, et dans l’Arizona… pour ne citer que les principaux états qu’écume la Famille Winter, cette troupe de brigands sans foi ni loi.

La troupe se forme pendant la guerre, sous l’égide d’un leader mythomane du nom de Quentin Ross. Un brin psychopathe, le monsieur. Mais bientôt, un homme encore pire (oui, oui, c’est possible !) lui vole la vedette : Augustus Winter, jeune, troublant, cruel. Leur groupe de mercenaires circule dans le pays tout entier, pillant, violant, tuant, vendant ses services au plus offrant.

La Famille Winter, Clifford Jackman, 10/18

Le roman se compose de très gros chapitres contant un épisode de la vie de la famille Winter, des années 1860 jusqu’à la fin du siècle. Rivalités, magouilles, crimes en tout genre font le quotidien de ce groupe, qui compte entre cinq et trente membres selon les années. Ça tire à tout va, ça scalpe, ça incendie, ça part dans tous les sens… on se croirait dans un film de Quentin Tarantino, ça sent la poudre, le sang et le mauvais alcool.

Beaucoup de personnages, de lieux, d’enjeux : le roman est foisonnant, il couvre après tout trois décennies de criminalité américaine. Il explore aussi bien les arcanes de la politique étasunienne (et la manière pas toujours légale d’influer dessus) que les mécanismes de l’armée pendant la guerre civile, aussi bien la vie dans les grandes villes civilisées de l’Est qu’aux confins du monde connu, dans le grand ouest. Du Canada au Mexique, de l’Atlantique au Pacifique, la Famille Winter sème la désolation, dézinguant citoyens honnêtes, brigands, membres du Ku Klux Klan, Indiens, shérifs… Une belle brochette de cas sociaux à tendance psychopathique ! En toile de fond, la progression de la « civilisation » : plus le temps passe, plus il est difficile pour nos criminels de se cacher. Quand, au début, il suffisait de pousser jusqu’à l’état d’à côté, de se cacher un peu en forêt, pour se faire oublier, cela devient plus difficile au fil des ans, avec la progression du chemin de fer, et l’intégration de nouveaux territoires au pays…

Au milieu de tout ça brille la personnalité trouble d’Augustus Winter, élégant et effrayant, qui rappelle le Bourbon Kid dans ses pires instincts… Il est en tout cas tout aussi meurtrier, et visiblement increvable !

Voilà un roman étonnant, pas toujours facile d’accès (il faut un peu de temps pour vraiment se prendre au jeu), mais qui dresse un portrait dense et intéressant de l’Amérique criminelle à la fin du XIXe siècle.

La Famille Winter, Clifford Jackman. 10/18, 2017. Traduit de l’anglais par Dominique Fortier.

Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

About Emily Costecalde (116 Articles)
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-108119049-1