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Un roman post-apocalyptique : Une pluie sans fin

Une pluie sans fin, Michael Farris Smith

Imaginez : vous viviez dans le Sud des Etats-Unis. Vous avez sérieusement été ébranlés par l’ouragan Katrina. Mais ce n’était que le début. Les pluies se sont fait plus torrentielles, les vents plus violents. Les lignes électriques ont été arrachées, des maisons se sont effondrées. Et le gouvernement, impuissant, a tout simplement décidé de vous oublier. Il a tracé une frontière et délimité un no man’s land. Sous la Limite, vous pouvez tenter de survivre tant bien que mal, à la merci des éléments et, pire encore, des individus qui, comme vous, ont préféré rester dans cette zone de non-droit.

Cohen est resté. Dévasté par le deuil de son épouse et de l’enfant qu’elle portait, il n’a pas eu le courage de quitter sa petite maison. Cela fait des années qu’il vit seul avec son chien et sa jument. Mais un jour, il découvre sa maison pillée : envolés ses réserves d’eau, de nourriture et ses souvenirs de son épouse. Furieux, Cohen se lance en quête de ses biens. Il découvre, horrifié, un campement dirigé par le terrible Aggie, prêcheur halluciné qui rêve de repeupler la Terre à son image. Sur le terrain d’une antique plantation, il détient des femmes en otages, enfermées dans une poignée de mobil-homes. Cohen va les libérer et enfin, envisager de traverser la frontière qui sépare l’enfer du monde civilisé.

Une pluie sans fin, Michael Farris Smith

Une pluie sans fin, servi par une ambiance lourde et pesante, et un style résolument efficace, s’avère être un excellent roman post-apocalyptique. A chaque fois que l’on ouvre ce livre, on s’attend à se prendre une bourrasque en pleine figure : l’humidité et la violence du climat émanent littéralement des pages. Michael Farris Smith excelle à décrire cette région dévastée, sous une pluie permanente. C’est dans ce terreau propice qu’évolue la lie de l’humanité, Aggie en tête. Le danger guette les personnages à chaque page : quand ce n’est pas une violente tempête qui menace de submerger leur pick-up ou d’arracher le toit de leur abri, ce sont des truands qui, pour quelques ressources, sont prêts à tuer. La tension est palpable, l’ambiance est électrique. D’une certaine manière, Une pluie sans fin n’est pas sans rappeler l’excellente série The Walking Dead. Les deux montrent un héros malgré lui, profondément déprimé mais qui se retrouve en charge d’un groupe, avec les lourdes responsabilités que cela comporte. A chaque fois, le lecteur découvre le sud des Etats-Unis (le Mississippi dans Une pluie sans fin, la région d’Atlanta dans The Walking Dead) ravagé et dangereux. Elles sont loin, les représentations romantiques du Sud, avec les demoiselles en crinoline et les beaux jeunes hommes gominés… Et c’est peut-être tant mieux non ? Surtout quand on trouve une petite perle du genre comme Une pluie sans fin !

Une pluie sans fin, Michael Farris Smith. Super 8, 2015. Traduit par Michelle Charrier.

Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.
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Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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