Un parfum d’herbe coupée lance la collection Préludes

Que dirait-on à sa petite fille, au crépuscule de notre vie ? Que nos descendants retiendront-ils de nous ?

C’est le point de départ du roman épatant de Nicolas Delesalle, Un parfum d’herbe coupée. Dans un premier chapitre intitulé sobrement “un dernier mot pour la route ?”, le narrateur, Kolia, diminutif russe de Nicolas, écoute les derniers mots de son grand-mère, une dernière phrase qui le révolte, qui lui “troue le moral”, bien loin des ultimes conseils complices que Kolia attendait. Kolia réfléchit donc à ce qu’il aimerait laisser comme image à ses propres descendants. En découle un très beau roman sous forme de très courts chapitres, de souvenirs intimes et pourtant étrangement universels, qui évoque les premières fois, le passage à l’âge adulte, les instants précieux qui forgent une vie.

Un parfum d'herbe coupée

Sous la plume de Nicolas Delesalle émerge une enfance dorée, entre le chien Raspoutine et les vacances dans la maison de famille auprès de l’impayable grand-mère russe, puis une adolescence normale dans les années 80. Nous découvrons les réactions de Kolia face à l’actualité, qu’il s’agisse d’un émerveillement béat devant la première diffusion de Thriller de Michael Jackson, ou de l’horreur face au crash de la navette Challenge… mais également les petits bonheurs simples, comme un été à se rêver astronaute avec un cousin, l’émotion d’un premier baiser, le souvenir ému des quelques profs qui l’ont marqué…

Entre ces pages très humaines, Nicolas Delesalle se dévoile. Certains de ses chapitres sont particulièrement émouvants : on se souviendra avec une certaine émotion de celui consacré à Alexander ou de celui simplement intitulé “Le Trou”. L’écriture de Nicolas Delesalle sonne profondément juste : c’est probablement le texte idéal pour ouvrir le bal de la toute nouvelle collection Préludes, rattachée au Livre de Poche. Cette collection, qui propose des textes inédits dans un format semi-poche à un prix très raisonnable (entre 13 et 15 euros), sera indéniablement à suivre de près si tous ses titres sont aussi réussis qu’Un parfum d’herbe coupée. Un roman que l’on quitte à regret, comme un ami que l’on laisse derrière soi… Merci Nicolas Delesalle pour ces très belles pages !

Un parfum d’herbe coupée, Nicolas Delesalle. Préludes, 2015.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 646 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

1 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.