The Rule of one : une dystopie classique

DYSTOPIE — La surpopulation est un fait, et les moyens de lutter contre ne sont pas légion. Dans un futur proche, les Etats-Unis ont d’ailleurs choisi d’imposer à leurs citoyens une loi bien stricte : celle de l’enfant unique. Et qui de mieux que deux soeurs jumelles pour raconter cette histoire ? Ashley et Leslie Saunders, deux réalisatrices américaines, ont écrit à quatre mains cette dystopie jeunesse, The Rule of one !

Dans un futur proche, donc, les États-Unis sont cernés par un mur quasiment infranchissable et appliquent avec la plus extrême sévérité la loi de l’enfant unique. Ava Goodwin, jeune étudiante et fille du directeur du Planning familial, mène à tous points de vue une existence paisible. Ce qu’ignore son entourage – hormis son père – c’est qu’Ava n’existe pas vraiment. Car un jour sur deux, c’est sa soeur jumelle, Mira, qui sort, va en cours, et vaque à ses occupations. Les deux sœurs se racontent leurs journées dans les moindres détails, afin d’être sûre de ne pas se couper et de tenir à la perfection le rôle d’Ava. Malheureusement, un grain de sable se glisse dans cette belle machine et le stratagème est découvert. Alors que leur père est arrêté, les deux jeunes filles, munies d’une vieille carte papier répertoriant des planques et des personnes de confiance, se jettent sur les routes américaines. Objectif : survivre, libérer leur père et, pourquoi pas, trouver la résistance dont leur père a peut-être fait partie ?

Voici donc une dystopie assez classique, avec politique oppressive, découverte d’un réseau de résistants et tentatives de changer tout cela au passage. La narration alterne les points de vue de Mira et Ava : dans un premier temps, cela permet de vivre leurs emplois du temps différents alors que dans un second, on voit les deux jeunes filles diverger de plus en plus – et pas seulement parce qu’elles se sont teint les cheveux. En effet, l’apprentissage est difficile : alors qu’au début leur survie était liée à leur capacité à être identiques, leur salut viendra de leur capacité à se différencier l’une de l’autre et à faire leurs propres choix. Pas facile, après vingt ans d’imitations parfaites ! De fait, le processus ne se passe pas de la façon la plus pacifique qui soit, Mira éprouvant de plus en plus de rancœur envers sa sœur. Malheureusement, le cheminement psychologique de la jeune fille est extrêmement rapide et l’ensemble manque de développements : Mira est grognon, pourquoi pas, mais il peut être difficile d’adhérer à son comportement dont on ne comprend pas toujours les raisons.

Côté péripéties, les autrices alternent scènes de fuite, altercations et questionnements des deux jeunes filles. Comme on le disait plus haut, l’ensemble, sans être complètement plat et barbant, est assez classique : difficile, donc, d’être particulièrement surpris par les péripéties ou certaines tournures de l’intrigue.
En filigrane de la lutte des deux sœurs, les autrices évoquent à mots couverts la catastrophe climatique, les pénuries d’eau, les ravages de la pollution et les dangers d’une société hyper connectée pratiquant l’hypersurveillance de ses citoyens. Quoi qu’il en soit, c’est vraiment la dictature et l’oppression qui sont au centre de cette intrigue, dont on peut se demander si la fin est volontairement ouverte (et suffisante)… ou si elle appelle un second tome – vérification faite, il y a bien un second tome.
En bref, voici une dystopie jeunesse qui exploite une idée et un univers franchement intéressants, dont la progression très classique, si elle n’est pas désagréable, ne dépaysera pas vraiment les lecteurs habitués.

The rule of one, Ashley et Leslies Saunders.Trad. de l’anglais par Isabelle Troin. De La Martinière jeunesse, 5 septembre 2019. 

A propos Oihana 546 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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