Les Naufragés de la discorde : mortelle traversée…

Les Naufragés de la discorde, Jock Serong

THRILLER HISTORIQUE — Prendre un fait divers réel et broder autour est un thème littéraire régulier, et le résultat est souvent très aléatoire. Dans le cas des Naufragés de la discorde, c’est plutôt réussi, grâce à l’émergence d’un personnage aux tendances sociopathes plutôt bien troussé !

En 1797, un navire quitte l’Inde pour l’Australie lourd d’une précieuse cargaison, mais n’arrive jamais à bon port. Le Sydney Cove s’échoue quelque part au milieu d’une zone encore inconnue. Une partie des survivants décide de marcher les quelques huit cents kilomètres qui les séparent de la civilisation afin de chercher de l’aide. Seuls trois d’entre eux arrivent finalement à Sydney, dans un piteux état. Que s’est-il passé en chemin ? Où sont passés les autres passagers ?

Le lieutenant Grayling est chargé d’interroger les trois hommes, mais, bien rapidement, il se rend compte que quelque chose cloche terriblement… Entre récit rapporté et narration à la première personne, ce roman nous plonge dans une lutte impitoyable pour la survie au milieu d’une nature très hostile.

Un des passagers n’est pas ce qu’il semble être. Il est de plus bien décidé à être le seul à arriver vivant au terme de ce périple inhumain. L’horreur s’installe peu à peu, avec des scènes parfois à la limite du soutenable. J’avais lu de ce roman que c’était le croisement parfait entre Robinson Crusoé et Le Silence des agneaux, et on comprend bien vite le bien fondé de cette comparaison pourtant audacieuse : Figge est un véritable monstre, prêt à tout pour survivre et obtenir ce qu’il souhaite. Son esprit ravagé regorge d’idées pour faire souffrir son prochain. Il n’éprouve aucun remord. C’est un psychopathe.

Le lecteur, comme Grayling, essaie de reconstituer le puzzle de cette traversée de l’enfer où tout semble conspirer pour vous tuer : la faim, le soleil brûlant, les indigènes parfois hostiles, la marche éprouvante qui met à mal vos chaussures puis vos pieds… Autant vous dire qu’on est bien content d’être au chaud chez soi pendant la lecture, et non perdu dans le bush australien avec les protagonistes !

Voilà donc un thriller historique plutôt bien ficelé, d’où émerge un sociopathe de fiction très réussi. Même à travers les pages, et à plus de deux cents ans de distance, il terrorise le lecteur… Soyez prévenus !

Les Naufragés de la discorde, Jock Serong. 10/18, 2021. Traduit de l’anglais par Isabelle Chapman.

A propos Emily Costecalde 942 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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