La Guerre du lotus : Stormdancer

La Guerre du Lotus

STEAMPUNK — Dans ce roman à l’ambiance japonisante, Jay Kristoff esquisse un univers steampunk où brille son héroïne, Yukiko, la danseuse d’orage… Est-ce qu’on a aimé ? On vous le dit très vite !

Les îles de Shima sont atrocement polluées. La culture du lotus envahit tout le pays et son exploitation dégrade profondément la nature environnante, déposant une fine pellicule de particules viciées un peu partout. La population oscille entre maladies pulmonaires et disettes. La guerre s’éternise. L’empire se meurt.

Au sommet dudit empire, le shōgun règne en tyran : cruel et sadique, profondément égocentrique, le jeune homme ne vit que pour l’assouvissement de ses caprices. En un mot comme en cent : il est absolumentdétestable. Et il aura votre tête si vous ne lui obéissez pas. Aussi, lors que le père de Yukiko se voit confier la mission de capturer un arashitora, une bête mythique qu’on pense disparue depuis longtemps, il n’a pas le choix, même s’il pense la tâche impossible. Et pourtant, et pourtant…

Yukiko accomplira cette tâche insensée : dotée du « sçavoir » qui lui permet de communiquer avec les animaux (à la manière du Vif imaginé par Robin Hobb), Yukiko va se lier étroitement avec le dernier tigre de tonnerre… Ce ressort dramatique n’a rien de bien original (on n’égalera pas la relation Fitz/Oeil-de-nuit) mais la relation entre Yukiko et Buruu est plutôt bien traitée.

Le début de ce roman est extrêmement laborieux : j’ai tant peiné à rentrer dedans que j’ai abandonné au bout d’une vingtaine de pages. J’ai laissé de côté ce livre pendant six bons mois avant de retenter ma chance parce que je suis quelqu’un d’obstiné. Et cette fois, j’ai réussi à aller au bout de ma lecture.

C’est un récit qui se mérite car il faut parvenir à aller au-delà de la mise en place où le lecteur est abreuvé de mille et un détails sur un univers qu’il ne connait pas encore. Un glossaire aide le lecteur à la fin du roman mais avant une nouvelle dans l’univers de La Guerre du Lotus, un choix de mise en page que je n’ai jamais compris, lui préférant la note de bas de page, car c’est toujours laborieux de devoir se référer à la fin du roman, au risque de se spoiler, pour comprendre de quoi on parle exactement, l’auteur ayant choisi d’émailler son récit de nombreux mots japonais. Le rendu sonne un peu artificiel, pour être honnête.

Mais passé ce début franchement difficile, on s’installe progressivement dans l’intrigue. On en vient à apprécier les personnages, Yukiko en tête, impulsive et courageuse. Et bien sûr le fameux Arashitora, qui est bien rapidement le protagoniste préféré du lecteur !

Jay Kristoff imagine un univers entre imaginaire steampunk et mythologie japonaise : les descriptions sont très visuelles, et on a presque l’impression de sentir la chaleur étouffante et la pollution omniprésente qui caractérisent la capitale. Quand Yukiko se retrouve perdue dans la forêt qui recouvre les dernières montagnes isolées de l’empire, on a, comme elle, la sensation de respirer enfin mieux.

C’est un récit de vengeance, où la vendetta personnelle côtoie des idéaux révolutionnaires : il y a de la violence, bien sûr, et surtout un grand méchant un peu dément en la personne du shōgun. De l’action, du suspense, des sacrifices, de la trahison, et un triangle amoureux qui éclate vite en plein vol : voilà les ficelles tirées par Jay Kristoff dans ce roman, et ça fonctionne de manière plutôt satisfaisante finalement. Sans pour autant susciter l’enthousiasme : la preuve en est, malgré une fin haletante, je n’ai toujours pas décidé si j’ai envie de poursuivre la lecture de cette trilogie…

La Guerre du Lotus : Stormdancer, Jay Kristoff. Big Bang, 2021. Traduit de l’anglais par Emmanuelle Casse-Castric.

A propos Emily Costecalde 998 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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