Constellation : dernier vol avec Marcel Cerdan

Source photo : AFP

Il est partout en ce moment, en lice pour le Renaudot, le Goncourt et le Flore à seulement vingt-huit ans. Adrien Bosc, talent Cultura, entre en littérature cette année avec Constellation, un roman qui prend comme point de départ un crash aérien célèbre, celui qui coûta la vie à trente-sept passagers, parmi lesquels Marcel Cerdan, le célèbre boxeur, grand amour d’Edith Piaf. Le Constellation, c’est le toute nouvel avion d’Air France, un appareil flambant neuf, une petit merveille technologique, le Concorde avant l’heure. Lors d’une liaison Paris-New York, l’impensable se produit cependant : l’avion ne répond plus aux appels radio. S’est-il abîmé en mer ? Qu’est-il devenu ? Quand la nouvelle tombe, c’est le choc : le Constellation s’est écrasé dans l’archipel des Açores.

constellation

Adrien Bosc, avec beaucoup de méticulosité et un soin tout journalistique, se penche sur le pourquoi de la catastrophe : il montre comment beaucoup de micro-événements anodins peuvent en réalité décider de notre destin. Il étudie les trajectoires des passagers, en dresse le portrait, nous montre l’impact médiatique du crash, l’après, le deuil. Marcel Cerdan, Ginette Neveu et son frère, et tous les anonymes qui voyageaient à leurs côtés se dévoilent dans ces pages, humains, terriblement humains. Le hasard est cependant le personnage principal de ce roman très factuel, trop, au fond. Parfois, on a l’impression de lire un article de fond, très terre à terre qui, toutefois, grâce à des chapitres courts, ne nous perd pas tout à fait dans l’enchaînement des faits et des données. L’écriture est agréable, le travail documentaire admirable et le fond, intéressant, cependant la magie ne prend pas tout à fait. Sans doute aurait-il fallu ne pas le lire d’une traite, le lire au coup par coup, une bouchée à la fois.

Adrien Bosc exhume les victimes du Constellation en quelques descriptions, en quelques portraits bien sentis : cependant, le résultat final manque un peu de chaleur, d’âme. On quitte ce roman avec une sensation d’inachevé : il nous manquait juste un petit quelque chose pour apprécier véritablement ce roman pourtant original et bien écrit.

Constellation, Adrien Bosc. Stock, 2014. Talents Cultura 2014. #Talents14

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 657 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

1 Commentaire

  1. Bonsoir Emily,

    Effectivement, je pense que « Constellation » mérite qu’on le lise d’une traite… ça a été mon cas, et je me suis vraiment laissée happer par tous ces destins brisés…
    Bien à toi, au plaisir de te lire,
    Marie Anna.

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