Pretty Dead Girls : parfaites, belles à tomber… et raides mortes.

Pretty Dead Girls, Monica Murphy, Lumen

THRILLER ADO — Monica Murphy, également connue sous le pseudonyme Karen Erickson, écrit de la romance pour adultes. Mais, cette année, elle fait un détour aux rayons adolescent et polar, avec Pretty dead girls, dont l’idée lui est venue en regardant la série Scream Queens et en lisant un roman de littérature générale, évoquant la fascination de notre société moderne pour « les jolies filles mortes ». Un fait qui se vérifie dans son roman !

La rentrée commence très mal pour Penelope Malone : son amie d’enfance, Gretchen, vient d’être assassinée. Et elle est loin de se figurer que Gretchen n’est que la première de la série, car qui pourrait imaginer que l’on puisse en vouloir à la jeunesse dorée de Cape Bonita ? Rapidement, les jeunes filles de terminale semblent être le gibier de choix de celui ou celle qui sévit dans la tranquille (et très chic) petite ville balnéaire. Terrifiée à l’idée d’être la prochaine sur la liste, Penelope n’a plus qu’une seule solution : fouiner elle-même de son côté et découvrir qui sème la panique au lycée. Cela tombe bien, car elle a un suspect littéralement sous le nez, à sa table de physique-chimie : Cass Vicenti, un lycéen assez secret, qui était étonnamment proche des disparues malgré son statut. En effet, il est de notoriété publique que sa mère a sauvagement assassiné son père, des années plus tôt, et qu’elle croupit désormais en prison. Le crime est-il une affaire de sang ? Ou la folie s’est-elle tout simplement emparée de la petite ville californienne ? Quoi qu’il en soit, Penelope aura fort à faire si elle ne veut pas voir son nom allonger la liste…

Pretty Dead Girls, Monica Murphy, Lumen

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le roman attaque très fort, avec rien de moins que la rencontre de la première lycéenne assassinée avec la personne qui ne va pas tarder à décimer leurs rangs. Ensuite, le roman reprend assez classiquement : on découvre Penelope au lycée, à partir du moment où elle entend dire qu’un meurtre a été commis à Cape Bonita. À partir de là, on suivra essentiellement la lycéenne, qui se trouve également être la narratrice, hormis au cours de quelques intermèdes laissant la vedette au tueur en série qui sévit en ville, dont on ignore dans une grande partie du roman jusqu’au sexe, les phrases évitant soigneusement tout accord révélateur. Ces petits interludes permettent de relancer la tension lorsque l’on a l’impression que l’enquête s’enlise.

Car on ne peut pas dire que Penelope progresse bien vite dans ses investigations, qu’elle tente de mener alors qu’autour d’elle, son monde s’écroule et que, manifestement, elle est dans le collimateur de la police. En plus de cela, elle doit gérer les aspects habituels de la vie au lycée. Entre deux cours, il faut donc compter avec la préparation des dossiers pour la fac, les entraînements de cheerleaders, les soirées et les inévitables bisbilles entres amies et/ou rivales et, last but not least, les activités bénévoles des Cygnes Blancs, un club très prestigieux de lycéennes triées sur le volet que Penelope a l’honneur de présider pour l’année. Or, il semblerait que les 5 élèves de terminale qui constituent la moitié du club soient très clairement sur la liste du serial killer… De quoi mettre un peu d’ambiance aux réunions.

Le roman a un indéniable petit côté Pretty Little Liars, tant la série a marqué les fictions rassemblant lycéennes, disparition tragique et petits secrets, mais cela fonctionne fort bien. En effet, on en vient rapidement à soupçonner l’entourage de Penelope : ses amies sont-elles si proches d’elle ? La menace vient-elle d’un professeur ? Si les personnages ne sont pas tous très attachants (on ne sourcille pas devant la mort de tout le monde, il faut l’admettre),  Monica Murphy nous plonge vraiment bien dans l’ambiance délétère de ce lycée huppé.

Sans être révolutionnaire, que ce soit au niveau de l’intrigue ou des personnages, Pretty Little Liars présente un bon moment de lecture. La plongée dans le quotidien suspicieux des lycéennes de Cape Bonita est prenante et on passe un bon moment avec ce thriller pour ados !

Pretty Dead Girls, Monica Murphy. Lumen, 14 juin 2018. Traduit de l’anglais par Sofia Taba.

A propos Oihana 485 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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