La Part des ombres : la Révolte, acte I !

La Part des ombres, tome 1, Gabriel Katz, Scrinéo

FANTASY — Gabriel Katz a fait une entrée remarquée en fantasy avec la trilogie Le Puits des mémoires, récompensée d’ailleurs du Prix Imaginales en 2013. Depuis, il a publié quelques autres titres et notamment La Part des ombres, dont l’intrigue se situe dans son méta-univers. D’ailleurs, petite nouveauté, ce roman réunit trois protagonistes de ses précédents romans – qu’il n’est pas absolument nécessaire d’avoir lu pour saisir tous les tenants et aboutissants de l’histoire.

La Goranie a jadis été une terre de conquérants. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un pays occupé, vaguement géré par un roi fantoche. Car cela fait dix ans que les Traceurs, peuple guerrier descendu de ses montagnes pour “pacifier” (comprenez : envahir) le pays, font régner leurs lois sur le royaume, terrorisant la population et menant leur petit monde à la baguette. Sans le moindre accroc. Du moins jusqu’au jour où le fils du Gouverneur, Inoran Slegeth, fait massacrer tout un village. Il se pense à l’abri du danger mais un survivant, surnommé Le Fantôme et rongé par un irrépressible besoin de vengeance, commence à lever le peuple contre l’occupant. Avec toutefois quelques difficultés : les héros de guerre Gorans sont morts et le peuple, résigné, n’a guère envie de se mettre à dos les Traceurs. Le Fantôme a donc besoin de combattants redoutables, des mercenaires chevronnés qui vont entraîner, encadrer et motiver ses maigres troupes contre les tueurs de la Trace. Le voilà qui recrute trois étrangers que leurs errances ont menés en Goranie : un gladiateur de haute volée, une maîtresse de guerre qui a régné sur les armées du Sud et un beau vendeur de salades qui ne sait pas très bien comment il en est arrivé là. Un trio réuni pour le meilleur… et sans doute pour le pire !

Comme on le disait en introduction, il n’est pas fondamentalement nécessaire d’avoir lu les autres romans de Gabriel Katz, bien que leurs intrigues se déroulent avant celui-ci, pour bien comprendre l’intrigue de celui-ci. Toutefois, si vous voulez bien saisir toute l’ironie de la situation, ainsi que les références disséminées ou les petits clins d’œil, c’est mieux !
Peu après l’introduction, on rencontre donc Olen (un des protagonistes du Puits des Mémoires), Desmeon (issu d’Aeternia) et Kaelyn (personnage éponyme de La Maîtresse de guerre), trois combattants émérites. Ceux-ci sont loin des gloires qu’ils ont pu connaître dans leurs aventures respectives ; ainsi, pour ceux qui ne les auraient pas lues, c’est comme rencontrer des personnages tous neufs et, pour les aficionados de l’univers, c’est une nouvelle perspective qui s’ouvre sur ces personnages. De plus, ils ne sont pas les seuls protagonistes ici, mais s’intègrent dans une galerie assez riche, tant du côté des révoltés que des oppresseurs – même si, parmi ces derniers, certains s’avèrent un tantinet caricaturaux, le prince Slegeth en premier lieu.

L’intrigue, cette fois, tourne autour d’une révolution motivée par la vengeance. La Goranie, royaume raffiné, est occupé par une nation barbare de soldats-nés, qui exercent une discipline de fer : le contraste entre les deux pays, les deux cultures, est particulièrement marqué, ce qui fait bien ressortir les rigueurs de l’occupation, tout comme les motifs de révolte. D’ailleurs, le fait de passer d’un personnage à l’autre montre à quel point la situation est compliquée : que l’on soit un simple suiveur du mouvement, une tête couronnée ou un acharné de la révolution, chacun a ses raisons de vouloir bouter l’ennemi hors de Goranie. Raisons qui ne convergent pas toujours… Résultat, les péripéties s’enchaînent à bon train car, en sus de la conspiration visant à se débarrasser des Traceurs, il faut compter les petites bisbilles internes, les coups bas mûrement réfléchis et les objectifs personnels des uns et des autres ! En somme, on n’a pas le temps de s’ennuyer, car il se passe (ou se prépare) toujours quelque chose.

Et ce d’autant que le récit est portant par le style enlevé et mordant de Gabriel Katz : les scènes d’action sont vives, les descriptions succinctes mais précises, les réparties souvent saillantes. La mise en bouche de la série est donc réussie et il est difficile de s’arrêter raisonnablement entre deux chapitres. Évidemment, fidèle à sa réputation, l’auteur termine le volume sur un retournement de situation qui laisse sans voix. Heureusement pour vous, si vous venez seulement de découvrir La Part des ombres, le second tome – dont on vous parle très vite – vient tout juste de paraître !

La Part des ombres, tome 1, Gabriel Katz. Scrinéo, octobre 2016.

A propos Oihana 495 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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