Les filles de La Route des Lucioles

La Route des Lucioles, Kristin Hannah, Michel Lafon

ROMAN AMÉRICAIN — Best-seller signé Kristin Hannah, La Route des Lucioles (Firefly Lane) a été récemment adapté par Netflix en série (Toujours là pour toi). Mais ce n’est pas pour ça que mon choix s’est arrêté sur ce roman. Le résumé évoque l’amitié entre deux adolescentes américaines des années 70 : nous les verrons traverser les décennies ensemble. On suit des personnages de longues années durant ? Aux States ? J’ai signé direct.

Et j’ai sacrément bien fait, car ce roman a été un véritable coup de coeur, et je l’ai terminé dans les larmes, en sanglotant, avec ma boîte de mouchoirs serrée contre moi. La fin est triste oui, mais cela va au-delà : ces personnages quadragénaires je les suivais depuis leur adolescence, et j’avais presque l’impression de les connaître intimement. Une personnalité sensible, une touche de tragique et des protagonistes qu’on a appris à aimer : il n’en fallait pas plus pour que je me transforme en fontaine de larmes.

De quoi ça parle, donc ? Kate et Tully sont deux adolescentes nées en 1960 et quand elles se rencontrent quatorze ans plus tard, elles se sentent toutes deux très seules. L’une est une jeune fille réputée ennuyeuse et coincée, qui n’a donc aucun ami. L’autre est éblouissante, mais cache le fait que sa mère est une camée qui l’a abandonnée à plusieurs reprises. Elles vont accrocher… pour ne plus jamais se lâcher, traversant trente ans d’histoire américaine et mondiale.

Bien sûr, le roman s’est construit sur une opposition forcément un peu cliché : d’un côté, la fille cool et canon, ambitieuse et dramatique, qui rêve de crever l’écran, de l’autre la fille plus discrète, plus conventionnelle, qui souhaite se marier et avoir une famille. La carriériste et la femme au foyer, grosso modo. On pardonne à l’autrice ce léger manichéisme qui lui permet de semer les graines de l’envie et de la jalousie dans la psyché de ses personnages. Oui, que serait-ce une amitié sans un peu de remous ? Sans quelques disputes et un peu d’amertume ? L’amitié des deux filles constitue le fil rouge du roman : elle est presque aussi tumultueuse et passionnée qu’une histoire d’amour.

Grâce à un ancrage temporel soigné mais jamais too much, riche en anecdotes (l’autrice, après tout, a pile poil le même âge que ses personnages et ça se sent) et en références pop culture, le lecteur traverse des décennies très importantes de l’histoire américaine récente. Des grands événements de l’actualité mondiale (la guerre du Golfe, la mort de Lady Di, le 11 septembre…) aux chansons-phares des années traversées, en passant par les codes vestimentaires (ah, les fameuses épaulettes des eighties ! Ou la Rachel du milieu des années 90 !), le lecteur voyagera dans le temps aux côtés des deux héroïnes. Il découvrira le milieu si particulier du journalisme télévisé, grâce à l’ambition dévorante de Tully.

Happé dès les premières pages, le lecteur s’immerge complètement dans ce roman passionnant, riche en émotions, porté par des personnages bien brossés et par un tandem joyeusement imparfait, et donc terriblement humain. Reste désormais à voir l’adaptation du géant Netflix, qui a perçu (à raison) l’énorme potentiel de ce roman au style très visuel.

La Route des Lucioles, Kristin Hannah. Michel Lafon, mars 2021. Traduit par Matthieu Farcot.

A propos Emily Costecalde 839 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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