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Cinq heures vingt-cinq, l’heure du crime

Cinq heures vingt-cinq, Agatha Christie, Éditions du Masque

ROMAN POLICIER — Esprit, es-tu là ? L’hiver est rude dans le comté de Dartmoor. Le petit hameau de Sittaford est complètement isolé du monde et la neige commence à tomber. Dans l’Angleterre encore férue de spiritisme des années trente, quelques habitants se réunissent en cette fin d’après-midi pour faire tourner les tables. Il est cinq heures vingt-cinq quand les esprits annoncent à nos protagonistes que leur voisin, le capitaine Trevelyan, est sans doute mort. La table tournante a été formelle : le vieux capitaine a été assassiné. Et l’examen du médecin légiste révélera que la mort a bien eu lieu à cette heure-là. Étrange coïncidence ou bien … meurtre calculé ?

Point d’Hercule Poirot ou de Miss Marple pour élucider ce mystère : l’enquête est confiée à l’inspecteur Narracott. Mais Emily, la fiancée du principal suspect, décide d’investiguer de son côté afin d’innocenter son compagnon. Pour se faire, elle va se faire accompagner d’un jeune journaliste, quitte à user un peu de ses charmes pour arriver à ses fins. On a donc là un couple d’enquêteurs jeunes et plutôt dynamiques, qui va tenter de mener l’enquête en parallèle de la police. La recherche du coupable est plutôt linéaire : on assiste aux interrogatoires menés à la fois par l’inspecteur Narracott dans le cadre officiel, mais aussi à ceux d’Emily et Charles, le journaliste.

Cinq heures vingt-cinq, Agatha Christie, Éditions du Masque

Le personnage d’Emily, bien que quelque peu caricatural, est une vraie bonne surprise pour l’époque : c’est une jeune femme déterminée, pleine de ressources, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. À tel point qu’elle en devient détonnante, voire même saugrenue pour les moeurs de l’époque, d’autant plus que c’est elle qui tient les rênes de ce roman. Elle défend ses valeurs et ses proches coûte que coûte, et elle est très rafraîchissante parmi toutes ces langues de bois. On regrettera par contre le nombre important de personnages introduits par l’auteure : il est parfois difficile de suivre les liens de parenté ou de voisinage de tout un chacun, d’autant plus que tout le monde finit à un moment ou un autre par être suspecté, ou tout au moins évoqué comme tel.  Mais malgré les fausses pistes plus ou moins improbables, l’énigme reste totale jusqu’au dénouement du roman, ce qui est un bon point.

Ce n’est sans doute pas son meilleur roman, mais si vous aimez Agatha Christie, les vastes landes enneigées du Dartmoor et les touches d’humour typiquement anglais, plongez-vous dans cette lecture rapide, au coin de la cheminée (avec un plaid et une bonne tasse de thé).

Enfin, signalons que cette édition est basée sur une traduction révisée plutôt bienvenue du texte d’origine. Elle modernise sensiblement les tournures de phrase peut-être un peu vieillottes des éditions précédentes.

Cinq heures vingt-cinq, Agatha Christie. Éditions du Masque, février 2018. Traduction révisée d’Elisabeth Luc.

Par Coralie

Cinq heures vingt-cinq, Agatha Christie, Éditions du Masque

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