Le Théorème du homard : si Sheldon Cooper cherchait l’amour…

Oyez, oyez braves lecteurs, nous avons trouvé le roman feel-good idéal pour cet été : Le Théorème du homard, écrit par l’Australien Graeme Simsion, qui imagine l’improbable quête amoureuse d’un inadapté social digne du Sheldon Cooper de The Big Bang Theory. Humour et situations délicieusement absurdes sont au rendez-vous, dans une comédie romantique vraiment atypique.

Don Tillman approche des quarante ans, est plutôt beau garçon, grand, en bonne santé, et est professeur de génétique : sur le papier, c’est donc un excellent parti. Pourtant, les femmes ont tendance à partir en courant après un dîner en sa compagnie, car Don est tout bonnement incapable de se comporter normalement en société : il prend tout au pied de la lettre (oubliez le sarcasme avec lui !), ne supporte pas le contact physique, n’a aucun tact, et ne sait pas comment se comporter avec une femme. Pourtant, Don décide qu’il est temps pour lui de se trouver une épouse pour se « reproduire » et suivre ainsi l’instinct de l’espèce. Décidant de ne rien laisser au hasard, il met en place un « Projet Épouse », sous la forme d’un questionnaire très détaillé, pour trouver la compagne idéale qui ne doit ni fumer, ni être végétarienne, mais doit être organisée, cultivée, ponctuelle, logique, et accepter les tics d’organisation de Don qui imposent notamment du homard au dîner tous les mardis.

Le Théorème du homard, Graeme Simsion. Nil, mars 2014. Traduit de l'anglais par Odile Demange.

Tout est prévu, au détail près, mais Don, bien qu’aidé de ses amis Gene et Claudia, ne trouve que des compagnes « inadéquates », impropres à partager sa vie. La superbe mécanique bien huilée de son plan rencontre pourtant un obstacle de taille le jour où Don rencontre une candidate qui ne remplit aucun des critères du questionnaire : elle s’appelle Rosie, est doctorante mais également barmaid, n’est jamais à l’heure, fume comme un pompier. Pourtant, Don et Rosie vont devenir amis, autour d’une cause commune : retrouver le père génétique de Rosie.

C’est une histoire d’amour peu commune que nous propose Graeme Simsion : Don, le personnage principal, est complètement à côté de la plaque, malgré son intelligence indéniable, et Rosie essaie peu à peu de le sortir de sa zone de confort. Don est heureusement plein de bonne volonté, et sa manière d’appréhender les codes sociaux comme s’il s’agissait de rituels tribaux est hilarante. Ayant l’habitude de se fier à des ouvrages de référence, il essaie de puiser les connaissances qui lui manquent dans des livres sur la danse, les cocktails et même les positions sexuelles. Il peut également compter sur les conseils de son ami Gene, professeur en psychologie dont l’objectif avoué est d’avoir des relations charnelles avec une femme par nationalité existante, et Claudia, également psy, qui essaie de l’aiguiller doucement vers une « vie normale ».

Grâce à une narration à la première personne, nous entrons dans la tête très, très organisée de Don, adepte des listes et des programmes en tout genre : la précision est le maître mot. Là où l’humain normal arrondit les horaires, Don, lui, prend en compte la moindre minute : chaque plage de son temps est soigneusement planifiée entre sport, étude, travail. Cela n’empêche pas le style d’être léger et dynamique : avoir accès aux pensées intimes de Don est même particulièrement drôle : imaginez-vous donc dans la tête de Sheldon Cooper ! Malgré tous ses travers, Don est un personnage particulièrement attachant, tout comme Rosie, dont le dynamisme et la joie de vivre font plaisir à lire.

Le lecteur comprend donc bien avant lui ce qui arrive au personnage : malgré ses dénégations, Don est en train de tomber amoureux pour la première fois de sa vie. Mais pour pouvoir l’admettre, il devra apprendre à accepter l’autre et à se laisser aller, quitte à commettre quelques impairs, et quelques fautes universitaires au passage. Le voir sortir de son rôle guindé de geek asocial caricatural est un vrai plaisir.

Un roman touchant et bien mené, avec beaucoup d’humour. A glisser dans sa valise cet été !

Le Théorème du homard, Graeme Simsion. Nil, mars 2014. Traduit de l’anglais par Odile Demange.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 662 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

9 Commentaires

  1. Un de mes coups de cœur de l’année ! Bon parallèle avec Sheldon ^^ Je l’ai trouvé vraiment original et Don est irrésistible !! (surtout la scène dans le bar ahah). Je ne sais pas si dans la version française, il y est mais dans ma version à moi, on peut faire le questionnaire à la fin ^^

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