C'est tout chaud !

La fille de Belle… et la Bête !

La Fille de Belle, Sophie Audouin-Mamikonian, La Martinière jeunesse

Le roi Damian et sa ravissante épouse Belle vivent heureux dans le royaume de Lancovit. Le terrible maléfice qui a transformé le roi en Bête, il y a des années de cela, est bel et bien éradiqué de leur vie. Du moins c’est ce qu’il croyait… jusqu’à ce que Belle accouche de leur premier enfant. La petite Isabelle semble être le fruit d’une mystérieuse magie : contrairement à son père, piégé dans sa peau de Bête, la petite peut se métamorphoser au gré de ses envies et surtout, en fonction de ses humeurs changeantes. Le couple royal tente de la faire accepter doucement auprès du peuple de Lancovit, mais c’est sans compter sur le caractère impétueux et curieux de la princesse ! Elle enchaîne les catastrophes et se fait remarquer par les mauvaises personnes. Alors quand des mercenaires l’enlèvent et la torturent, plus aucun doute ne persiste : Isabelle est en danger !

Avertissement préalable : je ne suis pas familière de l’univers de Tara Duncan, n’ayant pas eu l’occasion de me lancer dans la lecture de la saga. J’ai en revanche fait quelques recherches et regarder deux ou trois épisodes du dessin animé adapté des romans.

Il faut dire que Sophie Audouin-Mamikonian est une auteure très prolifique : un roman adulte (La Danse des obèses, Robert Laffont, 2008), une série pour jeunes adultes en cours (La Couleur de l’âme des anges dont le deuxième tome débarque bientôt dans la collection R), la série Indiana Teller (Michel Lafon), la série inachevée Clara Chocolat (Toucan Jeunesse) et bien sûr, la longue série Tara Duncan composée de 12 tomes parus séparément chez Seuil, Flammarion et XO.

Avec ce roman, une nouvelle aventure commence. La Belle et la Bête est un conte traditionnel incontournable, souvent adapté, détourné ou transformé ; on pense aux séries TV Once Upon a Time et Beauty & the Beast, à l’adaptation française avec Vincent Cassel ou à la future adaptation cinématographique avec Emma Watson dans le rôle-titre. Sophie Audouin-Mamikonian s’attaque ici à ce qui se passe ensuite, après le « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Et c’est plutôt réussi, il faut l’avouer. L’action s’installe sur AutreMonde, une planète peuplée de créatures de tous poils (loups, licornes, trolls, vampyrs, et j’en passe et des meilleurs) mais aussi d’humains et autres mages ou sorcières. Ce monde parallèle est tout bonnement époustouflant ! Et tellement riche ! Des tas de contrées à découvrir, de créatures/peuples/habitants/ennemis à rencontrer et de conflits politiques à cerner. Une très belle surprise donc. A noter sur ce point, un glossaire en fin de roman, qui explique dans le menu les lieux, les personnages et même la faune et la flore d’AutreMonde.

Au cœur de ce foisonnement, le fruit de l’union de Belle et Damian (l’ex-Bête) grandit au fil des chapitres, au travers de scènes de vie qui se succèdent, entrecoupées d’ellipses parfois très longues. On suit avec bonheur cette jeune princesse pétillante de vie, entourée d’amis fidèles et d’une famille aimante. On tremble en lisant certaines scènes de violence la prenant pour cible. On s’émeut de la voir douter ; et si le monde ne l’acceptait jamais en tant qu’héritière du trône ? Bref, une héroïne très attachante qui grandit peu à peu, qui apprend de ses erreurs et qui prend du poil de la bête au fil du récit (excusez l’expression…).

Le style quant à lui est fluide voire même assez simpliste. On regrette certaines esquives de l’auteure qui n’approfondit pas certains passages ou qui, au contraire, s’appesantit sur des détails peu importants. Le changement de point de vue narratif est assez agréable, le lecteur découvrant les pièces du puzzle de manière détournée à chaque chapitre.

En bref, La fille de Belle devrait ravir les inconditionnels de Tara Duncan ainsi que les fans de l’auteure.

La fille de Belle, Sophie Audouin-Mamikonian. La Martinière jeunesse, 2 avril 2015.

Par Séverine

A propos Severine Le Burel (140 Articles)
Littéraire dans l’âme, j’attends d’un roman, film, ou fiction de l’émotion, des bouleversements, un ouragan de sentiments… Bref, j’aime qu’une histoire me touche et me transforme.

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