Rencontre avec J. Courtney Sullivan

J. Courtney Sullivan était à Paris la semaine passée, et nous avons eu l’occasion de la rencontrer dans un hôtel du 6ème arrondissement parisien. Nous découvrons une jeune femme souriante, dynamique, très sympathique, qui nous parle avec franchise de ses habitudes d’auteur, de son dernier roman, Maine, et du prochain, que l’on a hâte de lire.

IMG_1518Photo : Courney (en rose) avec Camille, Elodie, Nina et Emily.

Si Courtney Sullivan a d’abord écrit sur son temps libre, elle a désormais la possibilité d’écrire à temps plein. « Écrire le soir, les week-ends, m’a enseigné une certaine discipline, car j’avais un temps très limité à consacrer à l’écriture », dit-elle. Maintenant, après le succès des Débutantes, puis de Maine, elle peut se consacrer à sa passion. Quand on lui demande s’il est difficile de passer d’une écriture journalistique à de la fiction, elle répond par la négative : « j’ai toujours écrit de la fiction. En sortant de la fac, je me suis dit que jeune auteur était un super premier boulot ! En fait, j’ai commencé à travailler dans la presse féminine, et ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Cela m’a aidé à me discipliner, à me familiariser avec l’idée d’une date butoir, à écrire dans un espace, un temps déterminé. » Elle explique écrire en songeant au lecteur, car elle en est un avant tout.

Au sujet de Maine, elle nous avoue que le personnage qui lui plait le plus est probablement Anne Marie : c’était pourtant celui qu’elle aimait le moins avant le processus d’écriture, puis Anne-Marie a peu à peu gagné en profondeur. Elle voulait évoquer plusieurs générations de femmes et leur rapport à la maternité. Si au début, elle pensait faire un roman choral, avec une dizaine de personnages, leur nombre s’est rapidement réduit à quatre : « je sentais que ces quatre femmes avaient une histoire qui devait être racontée, que tout pouvait être raconté à travers elles ». Le chiffre quatre semble lui porter bonheur, car Les Débutantes comptait également quatre héroïnes.

A la lecture de Maine, nous sommes frappées par deux personnages : Maggie et Alice. Si Maggie semble avoir beaucoup de points communs avec Courtney Sullivan (du même âge, l’auteur et le personnage sont toutes deux des auteurs à New York), celle-ci trouve qu’elle lui ressemble très peu. En revanche, elle considère que Maggie et sa grand-mère Alice sont en fait le même personnage, à cinq décennies d’écart, avec différents choix, et des possibilités autres.

Peut-on parler d’écriture féministe ? On pourrait penser que Les Débutantes, que Courtney Sullivan décrit elle-même comme le roman de la première génération de femmes à avoir tous les choix et à ne pas savoir lesquels faire, serait le plus féministe des deux. Mais Courtney Sullivan estime que Maine l’est davantage, mais d’une manière plus diffuse, différente. C’est un roman féministe, même si les personnages ne le sont pas.

Quand on lui parle de son prochain roman, Courtney Sullivan en parle avec beaucoup d’enthousiasme : promis, cette fois-ci, elle ne donnera pas la parole à quatre femmes, mais plutôt à plusieurs couples. Après l’amitié et la famille, elle s’attaque au mariage, tout au long du XXe siècle, évoquant aussi bien les mariages du même sexe que les mariages « mixtes », entre Blancs et Noirs, encore interdits aux États-Unis au début du XXe siècle. Le roman tournera autour du diamant, que l’on a appris à considérer comme allant de soi quand on se marie. Si « diamonds are forever », peut-on en dire autant du mariage ? Une chose est certaine, nous lirons avec plaisir le prochain roman de J. Courteny Sullivan.

Par Emily et Kévin

Le roman Maine, de J. Courtney Sullivan (éditions Rue Fromentin), sera en librairie début mai.

A propos Emily Costecalde 663 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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