Le navet de l’été ? World War Z

Les estivants, à défaut de se précipiter sur les plages, comptaient bien se ruer en salles pour voir World War Z, film catastrophe à gros budget, avec dans le rôle principal, Brad Pitt, rien que ça. Une fois de plus, les zombies sont à l’honneur, une tendance qui ne se dément pas. En somme, après le bide de After earth, World war Z sera probablement le succès cinéma de l’été. Pourtant, nous ne sommes pas convaincus.

Le Monde en dit qu’il est au film de zombies ce que le porno soft est au film hard : si quelques scènes font frémir, plus par la soudaineté d’une attaque que pour la violence de l’assaut en lui-même, World War Z déçoit. Les zombies sont par essence cannibales : même Warm bodies, qui est pourtant une romance adolescente entre un zombie et une jeune fille, est plus cru, plus trash. La peur du zombie vient du tabou profondément ancré en nous du cannibalisme et de l’horreur profonde que suscite en nous l’idée de mourir sous les crocs d’un prédateur. Dans World War Z, les zombies se contentent de mordre leurs victimes, qui ne se relèvent alors que pour se ruer à l’assaut des vivants. Certes, World War Z dépeint très bien le désordre et la peur d’une population qui se sait dépassée, d’un état qui ne maîtrise plus rien. D’ailleurs, les scènes de panique humaine sont probablement l’atout majeur du film. Mais l’absence d’hémoglobine rend le film terne et sans saveur.

L’intrigue est désordonnée, le scénario décousu : on nous jette en pâture quelques pistes, quelques indices, qui ne mènent finalement nulle part. Résultat, on n’a l’impression que le film ne commence que très tard, alors même qu’on est immergé dans l’action dès les cinq premières minutes du film. De l’action, de la baston, des flingues, des rétroviseurs arrachés pourraient résumer World War Z. Pendant la diffusion du film, une dizaine de personnes quittent la salle. C’est très parlant.

Le film se termine sur un huis-clos dans une clinique envahie par les zombies. Alors que le monde semble envahi par les morts-vivants, Brad Pitt parvient à arriver blessé dans ce lieu de la dernière chance, dans lequel vivent une poignée de virologues qui ne semblent pas le moins du monde inquiétés par les zombies qui se sont installés gentiment dans une des ailes de la clinique, ou par ceux qui pourraient errer dans la campagne. Normal, en somme. Et ces terribles zombies, qui au début du film, pouvaient défoncer sans problèmes portes et fenêtres, sont tenus en échec par une poignée de chaises derrière une porte. Certes, on nous explique qu’ils dorment. Mais même quand Brad Pitt s’avise de s’aventurer en territoire ennemi, réveillant ainsi les morts vivants, nos amis les zombies restent sagement dans leur aile.

La solution de fin est complètement fumeuse et improbable. On peut dire que c’est vraiment choisir entre la peste et le choléra. Le film s’essouffle, on sent qu’il faut trouver un moyen de conclure, et vite, car le spectateur commence à regarder sérieusement sa montre. Hop, Brad Pitt a une idée de génie, vérifie son hypothèse, et sauve le monde. Rien d’exceptionnel en somme, et pas d’innovation majeure. World War Z est un gentil divertissement, inégal et mal ficelé, mais qui se laisse regarder, idéal pour un dimanche après-midi devant la télévision. En somme, le gros budget du film se retrouve dans les effets spéciaux, mais pas dans le scénario. C’est dommage. Pour une soirée sympathique dans les salles obscure, passez votre chemin.

Par Emily Vaquié et Kévin Costecalde

A propos Emily Costecalde 667 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

1 Commentaire

  1. J’ai trouvé le film très bien réalisé, les scènes et décors étaient parfaits. Pour le sang, je pense que le film ne se voulait pas vraiment trash et plus à suspense.
    Chacun ses goûts 🙂

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