The Mortal Instruments : La Cité des Ténèbres.

New-York, de nos jours. Clary et son ami Simon font une innocente sortie en boîte de nuit. Le monde de Clary bascule lorsque, impuissante, elle assiste en direct  à un meurtre sanglant dans le dancing, alors que les autres fêtards restent de marbre. Trop d’alcool ? Un smarties de la mauvaise couleur ? C’est ce qu’on pourrait croire. Mais l’appartement de Clary est bientôt ravagé par une créature répugnante qui ressemble à s’y méprendre à ce qu’on imagine du pire chien des enfers, sa mère disparaît, et la jeune fille se met non seulement à voir des gens qui n’existent pas, mais en plus à dessiner des formes très étranges…  Aucun doute, il y a du démon dans l’air.

 Eh oui, après la mode des sorcières, des vampires, et des loups-garous, bienvenue chez les chasseurs de démons. La Cité des Ténèbres a au moins le mérite de parler de toutes ces créatures, sans faire semblant de croire qu’une seule existe au détriment des autres : sans surprise, Clary s’avère donc être une jeune – et talentueuse – chasseuse  de démons – mais néanmoins apprentie – et sera secondée par les trois autres membres de l’équipe de choc – dont un beau gosse ténébreux, évidemment, mais avouez que vous l’aviez vu venir…

Adapté de la série romanesque du même titre de Cassandra Clare (écoulée à plus de 10 millions d’exemplaires), La Cité des Ténèbres se présente donc comme un bon divertissement, qui surfe sur la mode des intrigues sauce fantastique aux ambiances d’Apocalypse. Avec des démons dans les parages, rien de plus simple. On embarque donc pour deux heures de courses-poursuites haletantes, mystères épais, effets spéciaux du tonnerre, amourettes de rigueur, et autres poncifs du genre. Il est un peu dommage que le film sente l’adaptation à plein nez : certaines répliques (pourtant caustiques ou cocasses) tombent un peu à plat et sentent malheureusement trop le copier-coller. Une adaptation peut-être moins fidèle aux répliques d’anthologie, mais plus fluide aurait peut-être été préférable.

De plus, certains points manquent clairement d’explications : peut-être pour se laisser les coudées franches dans un second film ? Ainsi, on regrettera de n’en savoir pas plus sur la morsure de vampire subie par l’un des protagonistes (et qui n’inquiète personne, alors que le spectateur s’interroge, lui !), sur le système de magie (à base de runes directement gravées dans la peau du mage : on aimerait aimé connaître le pourquoi du comment), ou encore sur les antagonismes entre les différentes créatures (ne rêvez pas, ce n’est pas parce qu’il y a des vampires et des loups-garous qu’ils sont tous amis : après tout, ce n’est pas Twilight, même si formellement, ça y ressemble beaucoup). De même, le grand méchant reste un peu nébuleux.  Dommage aussi que certains aspects du scénario soient très largement survolés : on nous donne des pistes, mais rien n’est approfondi. On passera rapidement sur les moult erreurs de script ou incohérences, qui réjouiront le spectateur aimant les repérer (sortez les carnets de note, il y a de la matière). Finalement, heureusement que le rebondissement final vient remettre un peu de piquant dans tout ça –même si, hélas, trois fois hélas, il nous pendait au nez et n’était donc pas si surprenant que ça.

Que retiendra-t-on, finalement, de La Cité des Ténèbres ? Eh bien, un film s’étant bien approprié la mode des romances paranormales saupoudrées de dangers actuelles, et n’oubliant aucun cliché du genre. On y trouve du mystère, de la prophétie, des ados (ténébreux !) aux hormones en folie, des combis en cuir noires, des courses-poursuites endiablées, des scènes de batailles spectaculaires, des bottes cloutées, des fouets (non, je n’invente rien !), de la magie, des démons et des bestioles en tous genres, des méchants très méchants qui veulent dominer le monde (et a contrario des gentils qui veulent les en empêcher), des erreurs de scripts tordantes. Un peu prévisible, très cliché, mais néanmoins rythmé, La Cité des Ténèbresdevrait plaire aux fans des romans, ou aux spectateurs en quête d’un divertissement sans grande prétention, mais remplissant sa fonction.

La Cité des Ténèbres : la coupe mortelle, réalisé par Harald Zwart. En salle depuis le 16 octobre 2013.

 Par Oihana

A propos Oihana 540 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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