Un roman uchronique : Le Maître du haut-château

A la fin des années 1950, San Francisco. Les États-Unis ont été divisés en trois provinces après la victoire nazie de 1948. Les Nazis contrôlent l’est du pays, et les Japonais l’ouest. Au centre demeurent les États-Unis, réduits aux grandes plaines et aux Rocheuses. Dans cette partie du pays réside l’auteur d’un livre polémique, interdit en territoire allemand, Le Poids de la sauterelle, qui décrit un monde dans lequel les alliés auraient gagné en 1945.

Le pitch de départ fait froid dans le dos : nous découvrons un monde largement dominé par les nazis, dans lequel ceux-ci ont pu gagner grâce à l’assassinat de Roosevelt dans les années 30. Robert Childan, qui tient une boutique d’antiquités américaines qu’il revend à de riches japonais, témoigne du mal-être des américains, méprisés par l’occupant japonais. Frank Frink, d’origine juive, et récemment mis à la porte de son entreprise, décide de se lancer dans l’autoentrepreneuriat : grillé professionnellement dans l’ouest du pays, il sait pourtant qu’il n’a pas d’autre choix que de rester à San Francisco, car dans l’est, il serait probablement dénoncé et déporté. Julianna, son ex-femme, découvre Le Poids de la sauterelle, ce livre si polémique, et part à la recherche de son auteur. Enfin, M. Baynes, un Suédois, décide de venir à San Francisco pour une affaire ultra-secrète. Voici les protagonistes de ce roman difficile, qui alterne dialogue et monologue intérieur, et dont la fin nous laisse pantois.

Le Maître du haut-château n’est pas une lecture facile : on s’y perd parfois, et imaginer le monde tel que Philip K. Dick le décrit après une victoire nazie fait vraiment peur. Le monde aurait pu être totalement différent si Roosevelt avait effectivement été assassiné dans les années 30. Le roman est assez confus, et a étonné bon nombre de lecteurs, pourtant, il se lit avec une certaine impatience, une certaine envie de connaître la suite. On aurait bien aimé une fin un peu plus développée, selon les pistes envisagées par Philip K. Dick lui-même, à travers deux chapitres que nous propose la nouvelle traduction.

Ce livre est adapté sous la forme d’une mini-série.

Le Maître du haut-château, Philip K. Dick. J’ai lu, nouveaux millénaires, 2012. Traduit de l’anglais par Jacques Parsons.

A propos Kévin Costecalde 332 Articles
Passionné par la photographie et les médias, Kévin est chef de projet communication. En 2012, il a lancé le blog La Minute de Com, une excellente occasion selon lui d'étudier les réseaux sociaux et l'actualité. Curieux et touche-à-tout, Kévin aime les challenges, les voyages et l'ironie.

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