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Moi, Simon 16 ans homo sapiens, narrateur plutôt chouette

Moi, Simon 16 ans homo sapiens, Becky Albertalli, Hachette

Etre adolescent, ce n’est facile pour personne : ne le niez pas, ça n’a pas été une période toujours très sympa, qu’on se remémore avec nostalgie. On se sent souvent à côté de la plaque, et presque toujours jugé sous tous les angles par nos pairs. L’adolescence de Simon, seize ans, ne fait exception à la règle : même s’il a de nombreux amis, qu’il fait du théâtre et qu’il a l’air plutôt à l’aise dans ses baskets, le jeune garçon ne vit pas une période très simple, car il dissimule à tous un secret : il est homosexuel et entretient une correspondance anonyme avec un garçon de son lycée dont il se sent de plus en plus épris.

Et si cela ne tenait qu’à lui, son homosexualité resterait son jardin secret : l’idée du coming out ne l’avait d’ailleurs jamais vraiment effleuté. Mais il a suffit d’une négligence, et voilà Martin, un de ses camarades de classe dans la confidence. Et Martin semble bien décidé à tirer parti de cet ascendant qu’il a sur Simon, en lui faisant du chantage. Voilà notre Simon sur la corde raide… Subitement, il ne contrôle plus rien, et dépend entièrement du bon vouloir de Martin.

Moi, Simon 16 ans homo sapiens est un roman finement écrit, qui nous plonge dans la vie d’un adolescent des plus sympathiques, avec ses hauts et ses bas. Si le récit nous montre les aspects les plus sympas d’une adolescence aux Etats-Unis (la vie associative du lycée, avec ses activités collectives qui ont tellement plus d’importance dans la vie d’un ado que celles vécues en France, les virées entre copains, les fêtes…), il se penche également sur les dérives du web et la puissance des rumeurs : Simon se retrouve en proie au chantage, et la peur de se retrouver au centre des commérages le paralyse. Le lycée est bien évidemment une période de la vie où on est tout particulièrement préoccupé par sa vie sociale et l’image que l’on renvoie aux autres. Simon n’a pas très envie de révéler aux autres son orientation sexuelle : le silence lui convient bien, ce n’est pas tant qu’il redoute la réaction de ses proches, plutôt ouverts d’esprit, mais il aimerait garder pour lui le secret de son orientation sexuelle et pouvoir choisir à quel moment leur en parler.

Moi, Simon 16 ans homo sapiens, Becky Albertalli, Hachette

Moi, Simon 16 ans homo sapiens est un roman qui, sous couvert d’une romance légère et pleine d’humour, aborde donc des questions plus sérieuses, comme le coming out et tout ce que cette révélation peut entraîner. Une fois sorti du placard, Simon doit faire face à des brimades et des insultes, même si son coming out se passe somme toute plutôt bien. Becky Albertalli a su construite un personnage d’adolescent crédible et attachant, travaillé par ses hormones sans être pour autant obsédé par sa sexualité naissante, sans jamais tomber dans l’écueil des clichés adolescents. Autour de Simon gravitent de nombreux personnages tous plus sympathiques les uns que les autres : le père féru de téléréalité, la mère psy, les frangines plutôt sympas, le trio de meilleurs amis idéaux… On quitte Simon et sa petite troupe à regret.

Moi, Simon 16 ans homo sapiens, Becky Albertalli. Hachette jeunesse, 2015. Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon.

A propos Emily Costecalde (563 Articles)
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.
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1 Commentaire le Moi, Simon 16 ans homo sapiens, narrateur plutôt chouette

  1. Mais je le veux TELLEMENT TELLEMENT TELLEMENT TELLEMENT que je pars pleurer maintenant. Pfiou tu me fais de la peine, j’espère que tu culpabilises.

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