George : be who you are !

George, Alex Gino, L'école des loisirs

ROMAN JEUNESSE — Alex Gino parle de lui à la troisième personne du pluriel car, après tout, la vie est bien trop courte pour se contenter de n’être qu’une seule et unique petite personne. Alex Gino aiment les romans qui reflètent la diversité de la vie, des gens, des goûts et des couleurs. À ce titre, ils ont mis une dizaine d’années à écrire George, dont nous vous parlons aujourd’hui.
Lorsque David Levithan, éditeur chez Scholastic depuis plus de vingt ans, a lu le manuscrit de George, le dernier roman d’Alex Gino, son planning éditorial était déjà fait. Non seulement il a laissé tomber tout ce qu’il avait en cours pour pouvoir le lire mais, en plus, il a couru chez sa supérieure pour obtenir de bousculer les plannings de publication pour faire une place à George. Car, vous allez le voir, ce roman est aussi spécial qu’exceptionnel !

Beaucoup de gens aiment George.
Sa maman est très fière de son petit garçon et elle pense qu’il deviendra “un jeune homme très bien”.
Scott adore son “frérot”.
Kelly le tient pour son “meilleur ami”.
Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car George en a la certitude, elle est une fille.
Alors quand Mlle Udell, sa maîtresse,propose de jouer l’adaptation théâtrale du Petit monde de Charlotte à l’école, George veut plus que tout interpréter le personnage de Charlotte. Elle sera parfaite, et les gens comprendront enfin qui elle est. Il reste juste à leur faire comprendre que c’est le rôle de sa vie.

Comme pour David Levithan, ce roman est venu bousculer un programme bien établi (mais néanmoins moins alléchant). Et, comme dans le cas de David Levithan, la lecture s’est ensuivie d’une phase de profonde respiration et de quelques larmes de joie. Car il était plus que temps que la littérature jeunesse s’intéresse au sujet des enfants transgenre, surtout de façon aussi juste et intelligente.

George, Alex Gino, L'école des loisirs

Dès le départ, Alex Gino nous plonge dans les pensées de George, qui n’a aucun problème d’identité. Non, son problème vient plutôt du fait qu’elle grandit dans une société – la nôtre ! – horriblement étroite d’esprit, et qui a la désagréable manie de vouloir régenter la vie privée et jusqu’à la pensée d’autrui – alors que la vie serait sans aucun doute plus simple si chacun s’occupait uniquement de ses affaires.
De fait, George va être en butte à certaines réactions de rejet et de défiance vis-à-vis d’elle. Mais, dans l’ensemble, elle rencontre des personnes ouvertes d’esprit, qui l’aident à avancer et à prendre confiance en elle.

Finalement, l’essentiel de l’intrigue tient à ces deux points : George espère faire comprendre à quel point le rôle de Charlotte est fait pour elle et, d’autre part, cherche comment avouer à sa mère qui elle est vraiment.
Le roman est très court et l’on voit assez vite comment l’affaire va tourner ; mais c’est toute la réflexion menée par George et son entourage qui font tout le sel du roman. Son évolution est d’ailleurs menée de main de maître : au départ, George est terrorisée à la simple idée d’ouvrir son cœur à sa mère mais, bientôt, l’idée de vivre dans le mensonge lui est tellement insupportable qu’elle prend son courage à deux mains.

Alex Gino signe donc un roman à la fois étonnant, original et aussi subtil qu’intelligent ! Il était grand temps que la littérature jeunesse s’intéresse, enfin, aux enfants transgenres et propose une quête identitaire aussi brillamment mise en scène. Il faut absolument qu’il soit mis à la disposition des jeunes lecteurs, qu’ils souffrent des mêmes affres que George ou non ; s’ils en souffrent, alors ils trouveront sans doute de l’aide dans les mots d’Alex Gino. Si ce n’est pas le cas, peut-être y perdront-ils des préjugés qui ont, malheureusement, la dent dure. Voilà un texte à diffuser, à mettre entre les mains des enfants, mais aussi de leurs parents et des lecteurs plus âgés.
Merci à Alex Gino d’avoir mis des mots sur cette histoire et merci à l’Ecole des Loisirs d’en avoir publié la traduction !

George, Alex Gino. Ecole des Loisirs, 1er février 2017. Traduit de l’anglais par Francis Kerline.

A propos Oihana 552 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.