Edisto, ou les aventures du petit frère d’Holden Caulfield

A quoi peut bien ressembler la vie d’un jeune garçon blanc plutôt précoce en Caroline du Nord ? Cousin littéraire d’Holden Caulfield, Simon déconcerte, par ses fréquentations (discutables), sa gouaille (peu commune) et son lien avec sa mère (pour le moins étrange). Sa vie va basculer lorsqu’un jour, la bonne se fait la malle et est remplacé par un homme jeune que Simon rebaptise Le Centaure. Entre Simon et son nouvel ami, cela colle plutôt bien et tant mieux, car Simon passait beaucoup de temps avec Thena, la bonne. Cet été-là, Simon va faire de nombreuses découvertes, et s’avancer doucement mais sûrement vers l’âge adulte. Qu’est-ce-que la puberté ? Pourquoi les garçons plus vieux sont-ils fascinés par les filles ? Que peut-il se passer entre eux dans le noir ? Et enfin, que se passe-t-il entre ces parents, séparés, mais pourtant très proches ?

Simon porte un regard à la fois très jeune, et pourtant déjà mature, sur le monde. Relativement indépendant, il jouit d’une liberté rare : certains pourraient dire que sa mère, le Docteur, est trop permissive. Sacré modèle maternel que le Docteur, exigeante mais absente ! Simon grandit dans son ombre. Il consigne ses pensées dans un carnet. Peut-être deviendra-t-il écrivain ? Le Docteur y compte bien, et, dès sa petite enfance, a fait installer des monceaux de livres dans sa chambre.  Pour que ça l’inspire ! Le père de Simon, lui, rêve plutôt d’un sportif. Déchiré entre les aspirations maternelles et le rêve paternel, Simon essaie de se construire. Le Centaure fait alors office de béquille dans cette période de transition des plus difficiles à vivre : l’adolescence.

edisto

Il n’y a pas à dire, Edisto étonne, et perd parfois le lecteur, qui reconnait tout de même la filiation étonnante entre l’oeuvre de Padgett Powell et celle du fameux Salinger, celui qui a donné voix à l’adolescence. Simon a un ton bien particulier : Padgett Powell joue avec les mots, donnant à son personnage une assurance un peu maladroite, une insolence réjouissante. Portrait d’un jeune pas comme les autres, Edisto est paru en français une première fois chez Belfond en 1988, et est réédité en 2013.

Edisto, Padgett Powell. Belfond vintage, novembre 2013.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 659 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.