Les Loups du Solstice : Noël chez les loup-garous…

Après les vampires, les sorcières et les anges, c’est au tour des loup-garous d’évoluer sous la plume de la célèbre Anne Rice. Dans Le Don du Loup, nous avions fait la connaissance de Reuben Golding, jeune journaliste san-franciscain qui, par un coup du sort, se retrouvait propriétaire d’une magnifique demeure au bord de l’océan, puis pourvu d’étranges pouvoirs et d’une pilosité extrême. Reuben est désormais un “morphenkind”, en des termes moins obscurs, un loup-garou.

Lorsque débute Les Loups du Solstice, Reuben vient de demander à sa compagne, Laura, si elle est prête à recevoir le chrisme, le don du loup. En parallèle, le nouveau maître de Nideck Point continue à organiser sa nouvelle vie auprès de ses amis “morphenkinder”, loin des regards curieux et inquisiteurs de sa famille. La rupture est totale avec sa vie d’alors : Reuben a rompu avec sa fiancée Celeste, après avoir compris à quel point cette relation était nocive pour lui. S’il écrit toujours pour le journal qui l’emploie, il le fait en dilettante, sur les sujets qui lui plaisent, et en ne se rendant que fort peu à San Francisco. Le jeune homme s’emploie à découvrir le monde caché des “morphenkinder” auprès de Felix et autres “gentlemen distingués”, alors qu’une grande fête de Noël se prépare à Nideck Point.

Si nous retrouvons avec plaisir la plume inimitable d’Anne Rice, déjà admirée dans les Chroniques des vampires, on ne peut que se rendre à l’évidence : toute sympathique qu’elle soit, cette nouvelle série n’arrive pas à la cheville des aventures de Lestat, notre vampire favori. Si le premier tome avait dressé le portrait d’un univers somme toute convaincant, ce deuxième volume semble plus décousu, moins maîtrisé. Malgré l’enchaînement d’événements (le fantôme, le marché de Noël, la nuit du Solstice, une intrigue autour de Jim), on ne peut s’empêcher de terminer ce roman sur la sensation qu’il ne s’est presque rien passé au fil du roman. Ces épisodes semblent s’enchaîner en l’absence d’un plan narratif plus général. Ce manque d’action semble témoigner de la volonté d’Anne Rice de continuer à asseoir son nouvel univers. De fait, Les Loups du Solstice permet au lecteur de rencontrer d’autres “morphenkinder”, et d’évoquer les divergences d’opinion et les guerres de territoire qui agitent les “morphenkinder”… des scènes qui ne sont pas sans évoquer les romans de Stephenie Meyer et les guéguerres entre vampires (pardon). Même si cette rencontre introduit un peu d’action dans le récit, celui-ci continue à manquer cruellement de rythme.

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Heureusement, le roman gagne en intensité une fois passée la nuit du Solstice. Si cette intrigue autour de Jim semble un peu tomber comme un cheveu sur la soupe, elle permet de relancer la machine, ce qui est appréciable. Un des thèmes principaux du roman est indéniablement la famille. Si son traitement est manichéen (d’un côté, les membres de la famille ambitieux et égoïstes tels que Grace et Celeste, de l’autre, ceux qui sensibles et incompris comme Phil et Jim), il permet quelques jolies scènes entre Phil et Reuben, ou entre les deux frères. Et si la relation entre Laura et Reuben gagne en intensité, elle s’avère de moins en moins nécessaire et de plus en plus accessoire au fil du récit.

Malgré tout cela, Anne Rice nous livre un roman honnête, et toujours très bien écrit. On la juge peut-être un peu durement, en souvenir des magnifiques pages que l’on lui doit. C’est la difficulté d’être un auteur culte… on vous attend toujours davantage au tournant.

Les Loups du Solstice, Anne Rice. Michel Lafon, 2014. Traduit de l’anglais par Eric Betsch.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 648 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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