Morning Star : un final grandiose pour la trilogie Red Rising !

Morning Star, Pierce Brown, Black Moon

COUP DE COEUR — Lecteur, il faut qu’on cause. Nous l’avons déjà dit lors de nos recensions des deux tomes précédents, Red Rising et Golden Son : la trilogie de Pierce Brown est une TUERIE. Lorsqu’est sorti le dernier tome, nous nous sommes bien sûr posé la question : Morning Star sera-t-il à la hauteur ? Sera-t-il une digne conclusion à cette trilogie que l’on a senti monter en puissance de tome en tome ? Nous ne vous ferons pas languir… La réponse est OUI !

Souvenez-vous : dans Red Rising, vous aviez découvert un monde futuriste dans lequel les hommes sont classés par caste : chacune de ces catégories est représentée par une couleur et équivaut à une fonction dans la société. Tout en haut de la pyramide, nous retrouvons les Ors : génétiquement conçus pour être plus beaux, plus forts, plus brillants, ce sont les hommes politiques et les dirigeants de ce monde, n’ayant à la bouche que les mots d’honneur et de puissance, alors qu’ils ont fondé leur empire sur le dos des autres couleurs. D’ailleurs, tout en bas de la pyramide, nous retrouvons les Rouges. Petits, maigres et en somme, faiblards, ce sont les esclaves de ce monde, à qui l’on ment sans vergogne et que l’on maintient dans une pauvreté et une peur soigneusement maîtrisées. Il ne faut pas que le petit peuple se soulève. Mais justement, il va se révolter.

Darrow, le héros de Red Rising, est un Rouge de seize ans : comme ses congénères, à seize ans, il est adulte, et marié. Dans les mines de Mars où l’espérance de vie dépasse rarement les quarante ans, il faut vivre vite, à défaut de vivre bien. Dès le début du roman, tout bascule très vite pour Darrow : on lui vole ce qu’il a de plus cher, sa raison de vivre. Pour la résistance rouge, Darrow est donc une excellente recrue potentielle. Le voilà embrigadé pour une mission un peu folle : infiltrer la bonne société or et la torpiller de l’intérieur. Après de nombreuses opérations chirurgicales ultra risquées destinées à le faire passer pour Or, et de nombreux mois de présentation, Darrow intègre l’Institut, véritable rite de passage Or, une épreuve violente et impitoyable qui occupe le lecteur pendant une grosse partie du tome 1.

Morning Star, Pierce Brown, Black Moon

Mais nous voilà au troisième tome : de nombreuses choses se sont passées depuis, car, rappelons-le, la trilogie de Pierce Brown brille par sa densité. On imagine bien volontiers la taille impressionnante des dossiers qu’il a dû se constituer pour parvenir à nous décrire un monde aussi complexe, aussi fouillé : ce qui fait généralement défaut aux romans à destination des jeunes adultes, Pierce Brown en a fait sa force, donnant à son monde de véritables enjeux politiques, une histoire, des traditions, une culture et bien sûr, de sacrés personnages.

Darrow est lui-même un personnage que l’on prend grand plaisir à suivre, dans toute son imperfection éminemment réjouissante : Darrow se fraie un chemin dans la sueur et le sang, a quelques fort vilains défauts et des mauvais penchants qui, parfois s’expriment. Bon. C’est vrai qu’à la base, c’est plutôt un gentil garçon. Mais dans Morning Star, Darrow est en guerre et pour cela, il est prêt aux sacrifices, il est prêt à faire couler le sang.

Pas de complaisance donc dans ce récit qui ne ménage ni ses héros, ni ses lecteurs. Des tirades au langage franchement vulgos de Sevro aux scènes de batailles épiques mais sanglantes, en passant bien sûr par quelques scènes de torture, Morning Star n’hésite pas à sortir des sentiers d’habitude bien plus balisés de la littérature pour jeunes adultes. En fait, par de nombreux aspects, on pourrait classer Red Rising en imaginaire adulte.

Là où Morning Star nous a tout particulièrement réjouit, c’est que ce troisième tome explore toutes les potentialités développées dans les deux volumes précédents. Là où il aurait été si facile de nous décevoir, Pierce Brown parvient à nous surprendre et à nous fasciner, réussissant même à jeter les bases d’une nouvelle trilogie. Car, c’est bien connu : quand on a détruit, il faut songer à reconstruire. Une nouvelle fois, Pierce Brown nous montre qu’il a une longueur d’avance sur ses petits copains auteurs, nous prouvant ainsi qu’il pense son histoire dans sa globalité, et qu’il ne se permet aucune porte de sortie facile. Rien que pour saluer l’effort, il vous faudrait lire Red Rising. Mais puisqu’en plus l’essai est transformé, vous ne pouvez que foncer !

Morning Star, Pierce Brown. Black Moon, 25 mai 2016. Traduit de l’anglais par H. Lenoir.

A propos Emily Costecalde 664 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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