Time Salvager : post-apo et voyages temporels !

Time Salvager, Wesley Chu

SCIENCE-FICTION — Wesley Chu est un auteur aux multiples casquettes : avant de vivre de sa plume, il a été consultant, a travaillé dans le secteur bancaire, dans le cinéma et a même été cascadeur. On a lu son dernier roman traduit : Time Salvager, dont les droits d’adaptation ont déjà été achetés par Michael Bay (et oui, le récit se prête bien aux explosions) !

XXVIe siècle. La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que les Chronmen, des voyageurs du temps, vont régulièrement chercher dans le passé.

James est l’un d’eux : désabusé, abîmé par chaque voyage, alcoolique notoire, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses supérieurs, veillant au respect scrupuleux des Lois temporelles qui régissent chaque bond dans le temps, le trouvent de plus en plus ingérable. Si ce n’était son talent et son expérience inégalée, ils l’auraient mis dehors depuis longtemps. Malheureusement, il est long et difficile de recruter, de former correctement et de garder en vie des Chronmen performants. James est donc choisi – par défaut – pour exécuter une mission cruciale : on l’envoie effectuer une récupération sur la plateforme Nutris, en 2097, juste avant l’explosion qui va ravager la Terre. James sait qu’il a peu de chance de réussir, mais s’il y parvient, il obtiendra une confortable retraite et pourra passer son temps à se saouler, seul, en ruminant le passé, son loisir préféré. James accepte, mais sa rencontre dans le passé avec Elise, une biologiste de génie qu’il sait condamnée, va changer la donne. Incapable de la laisser derrière lui, il brise la première et plus importante des Lois temporelles en ramenant la jeune femme dans son présent. Ce qui lance les intraitables Contrôleurs du temps sur leurs traces …

Time Salvager démarre de façon assez prometteuse, avec la description d’un univers à l’abandon, forcé de piller son propre passé pour espérer survivre. C’est sombre, crasseux, et le contexte des récupérations induit beaucoup de suspense. En effet, afin de préserver le flux temporel, les chronmen peuvent uniquement aller piller des ressources considérées comme perdues – et donc prises dans un incendie, une explosion, un attentat, etc. Ce parti-pris est assez original et rend les scènes de récupération très prenantes !

L’exposition est un peu longue, mais elle permet de mettre en place en parallèle plusieurs personnages, que l’on suit dans leurs différentes missions, ce qui donne un bon aperçu du cadre dans lequel se déroule l’histoire. Celle-ci, dès la fameuse mission de James lancée, s’emballe nettement, bascule dans un rythme nettement plus trépidant, qui pousse évidemment à tourner les pages. Cela va de pair, malheureusement, avec un récit assez divertissant, mais dont les implications ne sont pas vraiment poussées. De plus, le roman bascule vers du très classique. Sans surprise, l’opposante issue d’une méga-corporation qui tire les ficelles est particulièrement cruelle, sans surprise, les fondements du voyage temporel reposent sur une énorme imposture, quant à l’ambiance post-apocalyptique dont tout part, elle n’est pas particulièrement originale. Ces lieux communs du genre induisent une sorte de ventre mou dans la seconde partie du roman, qui peut perdre en route les aficionados du genre. Avec ça, il y a un énorme appel du pied à une suite dans les chapitres finaux… laquelle n’est pas clairement annoncée sur le livre, ce qui donne malheureusement l’impression d’une fin particulièrement bâclée quand on ne le sait pas. Le tome 2 étant finalement sorti aux Etats-Unis en 2016, on peut espérer en voir la couleur de ce côté de l’Atlantique !

Néanmoins, le récit est dans l’ensemble prenant et divertissant, et il devrait plaire à des jeunes adultes, ou n’ayant pas encore lu trop de récit de voyages temporels !

Time Salvager, tome 1, Wesley Chu. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Contartese. Fleuve (Outrefleuve), 9 septembre 2021. 

A propos Oihana 711 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.