C'est tout chaud !

Bien comme il faut : une famille et ses secrets…

Bien comme il faut, Sandip Roy, les escales

ROMAN INDIEN — A la suite de son veuvage, Romola quitte l’Inde et rejoint son fils Amit, installé aux Etats-Unis. La vieille dame tente de se faire à cette nouvelle routine dans un pays étranger, et de trouver sa place dans le foyer formé par son fils, sa compagne et son petit fils. Difficile de se sentir à l’aise quand on est déraciné, et qu’on se sent parfois de trop… Un jour, Amit vient trouver sa mère avec une lettre d’amour écrite par un homme qu’il a trouvé dans ses affaires, et lui pose des questions à ce sujet, tâchant de se montrer ouvert d’esprit et compréhensif. Mais si Romola a bien un secret, ce n’est pas celui auquel pense Amit.

Autrefois, Romola a été une jeune mariée fraîchement arrivée d’Inde. Elle a rejoint son mari sur un campus universitaire aux Etats-Unis. Mais, peu de temps après leur installation dans l’Illinois, les époux repartent pour Calcutta. Pourquoi un départ aussi précipité ?

Avec ce roman familial entre deux continents, Sandip Roy nous promène d’époque en époque, un procédé narratif qui nous permet de mieux cerner les trois protagonistes, Romola, son mari Avinash, et leur fils Amit. Ce jeu temporel permet également à l’auteur d’illustrer l’évolution sociale qu’a connu l’Inde en quelques décennies : nous sentons les personnages parfois perdus entre tradition et modernité, tiraillés entre deux conceptions de la vie : un quotidien à l’indienne ou un mode de vie occidental, américain.

Romola et Avinash ont des secrets. Jusqu’à quel point connaît-on ses parents ? Amit ne sait pas que son père a longtemps refoulé son désir des autres hommes. Il ignore que sa mère l’a su dès le début de son mariage. Il ne peut concevoir que celle-ci a vécu toute sa vie dans le regret et l’incertitude, après avoir repoussé les avances d’un jeune garçon devenu par la suite un acteur phare de sa génération. Qu’il est difficile, au fond, de cerner ses parents… Sandip Roy le montre avec talent, nous livrant des pages extrêmement touchantes de l’histoire familiale d’Amit.

Bien comme il faut est donc un roman extrêmement maîtrisé, qui joue avec justesse sur plusieurs lignes temporelles et nous présente des personnages touchants et réalistes. Pour un premier roman, c’est une réussite incontestable. Si vous avez aimé Longues distances, vous ne pouvez manquer d’être touché par Bien comme il faut.

Bien comme il faut, Sandip Roy. Les escales, 2015. Traduit de l’anglais par Marie Antilogus.

A propos Emily Costecalde (599 Articles)
<p>Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.</p>
Contact :Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*