C'est tout chaud !

En attendant Bojangles : un succès amplement mérité !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Finitude

PREMIER ROMAN — En attendant Bojangles est le livre événement de cette rentrée d’hiver : entré sur la pointe des pieds, ce premier roman a rapidement séduit les plus grands médias (il a même été adoubé par François Busnel !), grâce à sa poésie loufoque. Sur Café Powell, nous avons voulu nous pencher à notre tour sur ce véritable phénomène !

« Mr. Bojangles » est une chanson qui va rythmer l’enfance du narrateur, une sorte d’hymne parental qui est de toutes les soirées festives… et dans cette famille, elles sont nombreuses. Fils unique, le narrateur vit auprès de deux excentriques qui font de la vie une véritable fête : au quotidien, pas de place pour les contraintes ou les responsabilités ! Le courrier s’entasse dans le hall car personne n’a envie de s’obliger à traiter les factures, le narrateur ne va à l’école que l’après-midi car chaque nuit, ce sont des festivités sans fin… En voilà une famille peu banale ! Mais si les deux parents se montrent extravagants, c’est la mère qui mène la danse et fait de chaque nouvelle journée une aventure.

Mais, vous l’aurez peut-être deviné : cette douce folie n’est pas qu’un simple goût pour la fantaisie, et bientôt, la folie va devenir réelle, clinique, froide. Elle doit être internée, et laisse un père et un fils endeuillés, privés de sa joie et de sa bonne humeur…

C’est un très joli roman que nous livre Olivier Bourdeaut, souvent drôle mais parfois aussi très triste. En quelques pages, il parvient à camper un trio très attachant, et à nous dépeindre un quotidien enchanté et fantaisiste. Sous les yeux émerveillés du narrateur, le fiston, nous découvrons une très belle histoire d’amour entre une femme délicieusement instable et son mari non moins foufou. Bien sûr, on sent dès le début que quelque chose cloche, que le train du bonheur va dérailler. Mais nous avons beau être prévenus, nous ne nous sentons pas moins profondément attristés quand ça arrive.

En attendant Bojangles, c’est une parenthèse hors du temps et de la grisaille du quotidien, une lecture étrangement feel-good quand bien même le thème évoqué s’avère plutôt sinistre. C’est indéniablement une très jolie découverte, qui commence comme un livre humoristique mais devient rapidement bien davantage et gagne en complexité. Fable familiale, histoire d’amour touchante, conte doux-amer, ode à la musique et à la fête, et même anti-guide éducatif : En attendant Bojangles est tout ça à la fois. Son succès est amplement mérité !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut. Finitude, 2016.

A propos Emily Costecalde (599 Articles)
<p>Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.</p>
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