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Traquemort : space-opéra façon Green

SPACE-OPERA — S.R. Green est un auteur confirmé de SF et de fantasy, à qui l’on doit des séries comme Hawk & Fisher ou Nightside. Aujourd’hui, on vous parle de Traquemort, un space-opéra initialement sorti entre 1995 et 2005, série composée de huit  tomes. Le deuxième tome Traquemort : la Rébellion a été publié en 1996, réédité par Milady en poche en 2016.

Dans les épisodes précédents : la vie d’Owen Traquemort, noble et historien, bascule le jour où il se retrouve hors la loi et donc déchu de tous ses titres et propriétés sur ordre de l’Impératrice, ce qui l’amène à croiser le chemin d’Anzel d’Arc, trafiquante de clones et contrebandière. Ensemble, ils vont fuir pour sauver leur vie, puis se retrouver à élaborer un plan pour renverser l’Impératrice et le système en place. Leur projet les mènera à la recherche du Bastion des Traquemort, où serait cachée une arme redoutable. Ils rencontreront des alliés au cours de leur péripéties, en allant de Jack Hasard, rebelle professionnel, à Rubis Voyage, chasseuse de prime, qui choisiront de les accompagner dans leur projet.

On retrouve la suite directe des aventures d’Owen Traquemort et de ses compagnons d’infortune, dans leur marche contre l’Empire. Les épreuves qu’ils ont déjà affrontées les ont changés physiquement à un niveau encore inconnu, ce qui leur a fait gagner de nouvelles capacités, qui vont grandement les aider dans la mise en place de la rébellion à grande échelle.
Ils vont devoir récupérer des alliés et montrer à toute la population de l’Empire que leur mouvement est fort, afin d’obtenir le plus de soutiens possible. Mais chacun de ces soutiens potentiels possède son propre agenda, ce qui va grandement compliquer la tâche de nos héros, même s’ils ne s’en rendront pas forcément compte.

C’est aussi sans compter sur les diverses autres menaces qui apparaissent au fil du récit, qui ajoutent au chaos naissant et promettent encore plus de difficultés. Par exemple, le premier tome nous laissait entrevoir le danger que représentent les intelligences artificielles de Shub ou encore les races extraterrestres inconnues, danger qui prennent de l’importance ici, avec leur apparition pour de bon, passant de menace lointaine à active dans le conflit en cours.

Ce deuxième tome est dans la continuité du premier : il sert encore à poser le décor. Certains pourront trouver que c’est long, mais pour un space opera, cela reste raisonnable, surtout que la série compte 8 tomes et que la situation de nos héros est très complexe, avec de nombreuses ramifications insoupçonnées. Le coup d’éclat de nos héros sur la capitale impériale va par exemple laisser celle-ci à la merci de l’attaque d’une race inconnue et ne va donc pas transmettre le message souhaité à la population. Il est en effet difficile de convaincre un peuple qu’on veut le sauver quand on vient de précipiter la quasi destruction de la capitale.

Traquemort, La Rébellion, Milady, S.R. Green

Ce sont d’ailleurs ces mêmes conséquences non prévues qui peuvent gêner un peu le lecteur inattentif, car beaucoup d’intrigues se déroulent en parallèle, dont certaines avec un but commun, mais sans concertation aucune des acteurs. Ainsi, un sabotage anodin va se transformer en destruction massive au fil du récit car les différents acteurs ne sont alliés que sur le papier voir pas du tout. Le récit va de rebondissements en rebondissements, et l’action ne s’arrête jamais. De plus, on suit le récit du point de vue de chaque acteurs, tour à tour, ce qui permet d’avoir une vision globale de l’escarmouche en cours, en se concentrant quand même sur une partie précise, ici la mission Jack Hasard et Rubis Voyage sur une planète clé abritant une chaîne de montage de vaisseaux spatiaux.

Le style d’écriture est un peu particulier mais reste rafraîchissant. Le récit n’est en rien desservi par le style assez familier, car il reflète assez bien les comportements pervers et violents des nobles de la cour et le discours cru des rebelles.

Ce tome permet aussi de s’attacher un peu plus aux personnages rencontrés dans le premier opus et on peut retrouver quelques clins d’oeil. Pour ceux d’entre vous familiers avec les autres oeuvres de Simon R. Green, il y a des ressemblances, notamment dans les descriptions de personnages, qui peuvent ponctuellement rappeler ceux de Haven.

Les héros commencent aussi à réfléchir à l’après, notamment au système qui va être mis en place une fois l’Empire dissous, et les opinions divergent beaucoup entre les protagonistes. Cela entraîne des débats, car les idées sont très différentes quand on a été élevé par des nobles, ou traité toute sa vie comme un paria. Le débat reste néanmoins en suspens car les héros sont appelés ailleurs, mais on sent que la question va revenir plus tard dans le récit. Beaucoup de questions restent pour le moment sans réponse et seront sûrement abordées dans un autre tome. On se demande par exemple comment l’Impératrice va gérer la guerre ouverte qui lui tombe sur les bras, ou encore l’implication de la découverte d’extraterrestres camouflés sous forme humaine au sein de la cour.

C’est donc une histoire qui sera peut être un peu complexe pour les néophytes du genre, mais qui plaira sans aucun doutes aux lecteurs aguerris.

Traquemort : la rébellion, S.R. Green. Milady, 21 octobre 2016. Traduit de l’anglais par Arnaud Mousnier-Lompré. 

 

Par Julen

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