Lumière sur Les Mystérieux mystères insolubles

Les Mystérieux mystères insolubles est une série de bandes dessinées documentaire et fantastique, souhaitée par la Région Centre, qui cherchait à toucher de nouveaux publics. L’idée est de valoriser l’important fonds photographique de la direction de l’inventaire du patrimoine (près de 200 000 images accumulées depuis 1972) auprès du jeune public, via le travail de spécialistes de l’édition jeunesse. En mai 2011, c’est L’Atelier du Poisson Soluble qui relève le défi imposé par la région Centre : transmettre un minimum de connaissances historiques, artistiques et patrimoniales tout en s’inscrivant résolument dans le domaine de l’imaginaire. L’éditeur confie le projet à Grégoire Kocjan (scénariste) et à Julie Ricossé (illustratrice) qui imaginent une série de bandes-dessinées, dont les tomes paraissent deux par deux, à l’occasion des Journées du Patrimoine. Et les Journées 2014 ont permis le lancement des deux derniers tomes, que nous venons de lire : Peupeur sur la viville, et Le Risque du Péril dangereux.

Les Mystérieux Mystères insolubles, c’est ce sur quoi enquêtent les agents de la ZIZEMPC :  le professeur Klutch et ses quatre acolytes, Jean-Claude, le canari de 53 kg, Laptop, le chat qui sait tout, la valise qui parle et John, la mouche conductrice de locomotive partent à la découverte du territoire régional et de son patrimoine en enquêtant sur différents mystères architecturaux.

Dans Peupeur sur la viville, les agents se lancent à la poursuite d’un audacieux ravisseur, qui se cache dans le centre-ville de Blois (à noter que cette enquête fait directement suite au tome 4, Le Mychtère du château dichparu, et qu’il vaut donc mieux les lire à la suite, le reste pouvant être lu de façon tout à fait indépendante). Dans l’opus suivant, Le Risque du péril dangereux, la ZIZEMPC est appelée à la cathédrale de Chartres, dont les piliers produisent de bien étranges fumerolles…

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Chaque enquête est donc prétexte à découvrir le patrimoine architectural et culturel des cités arpentées. Car le volume ne comprend pas que l’enquête ! Au bas des pages, une frise documentaire propose clichés couleur ou d’archives, schémas, croquis et nombreuses explications en lien avec le sujet et surtout en lien avec ce le contenu de la bande-dessinée sur chaque double-page. Ainsi, les personnages explorent la nef de la cathédrale de Chartres, ce qui permet de présenter des clichés de la voûte, du labyrinthe, et des dessins de Villard de Honnecourt, maître d’œuvre et dessinateur du XIIIe siècle, spécialiste des  cathédrales. Le contenu documentaire est extrêmement pédagogique, très accessible, et intéressant à découvrir. Évidemment, le procédé ne permet pas d’approfondir réellement le scénario, dont la trame est assez simple.

Côté aventures, le titre annonce la couleur : elles sont loufoques à souhait, à l’image des agents de la ZIZEMPC qui circulent dans une locomotive à vapeur volante, dont seule la marche arrière fonctionne. Scénario saugrenu, répliques absurdes et autres jeux de mots potaches fusent. Si les plus jeunes lecteurs apprécieront certainement la plupart des blagues et jeux de mots, il faut reconnaître que la surenchère est parfois un peu pesante – à ce titre, la fin du tome 6 montre à quel point les auteurs pratiquent l’autodérision ! Ce volume est, d’ailleurs, bien plus intéressant que le précédent : on se passionne plus facilement pour l’histoire, et on suit les personnages avec plaisir dans leurs rocambolesques pérégrinations. On regrettera toutefois que les albums s’achèvent aussi abruptement : cela laisse une impression de conclusion légèrement bâclée.

Peupeur sur la viville et Le Risque du péril dangereux sont donc deux bandes-dessinées au contenu documentaire passionnant, pédagogique, et joliment mis en scène. Malheureusement, cela rend le scénario parfois un peu léger : sur le peu de pages que comprend une bande-dessinée, il est nécessairement simplifié, c’est un peu dommage. Le graphisme, simple et coloré, rend cependant le tout très agréable à l’œil. Une série à réserver aux plus jeunes, donc, ou aux adultes curieux de découvrir le patrimoine de la région Centre, avec ces drôles d’aventures touristico-fantastiques !

Peupeur sur la viville et Le Risque du péril dangereux, Grégoire Kocjan et Julie Ricossé. Atelier du poisson soluble, 2014.

Par Oihana

A propos Oihana 537 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

1 Commentaire

  1. Je trouve que c’est plutôt une bonne idée ! Si ça peut donner envie à des enfants/des jeunes d’aller vers des livres documentaires ou tout simplement vers d’autres choses que ce qu’ils ont l’habitude de lire, c’est bien… Maintenant, il faudrait en distribuer dans toutes les écoles de la région concernée, ça serait encore mieux…

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