Sorcière malgré elle : une nouvelle vie pour Assia…

Sorcière malgré elle, Méropée Malo, Castelmore

ROMAN ADO — Une couverture très jolie, un intérieur soigné, et une quatrième de couverture accrocheuse : Sorcière malgré elle, premier volume de la série L’Héritière des Raeven, a en apparence tout pour plaire. Qu’en est-il en réalité ? Verdict sur un des premiers titres 2016 de la collection Castelmore !

Assia Raeven a dix-neuf ans et a passé les huit dernières années dans une pension huppée, fréquentée par la future élite de la nation. Lorsqu’elle revient chez elle après des années d’absence, le bac enfin en poche, elle apprend que sa mère et sa tante sont décédées voilà des années, dans un terrible accident de voiture. Alors que la jeune fille tente de se faire à l’idée, et au fait que la fortune familiale se soit volatilisée, elle fait une autre découverte troublante : elle est en réalité une sorcière, issue d’une longue lignée de magiciennes ! On a fait retour plus tranquille au foyer !

Avec Sorcière malgré elle, Méropée Malo joue à fond la carte Charmed (souvenez-vous, cette série des années 90 qui nous a toutes bercées à l’enfance…): dans un manoir ancien et chargé d’histoire magique, où l’on fait de la sorcellerie au grenier en parcourant un grimoire ancestral, Assia tente de maîtriser ses pouvoirs avec lesquels, cela va sans dire, elle doit faire le bien. Bien rapidement, elle rencontre un homme à tomber par terre, issu lui de la famille ennemie de la sienne. Forcément, la jeune fille tombe amoureuse….

Tout ceci a un charme indéniable : on prend plaisir à suivre Assia dans ses aventures magiques, alors qu’elle parcourt la ville à rollers à la recherche de bonnes actions à accomplir. On aime suivre son quotidien dans le salon de thé où elle travaille, sa découverte de la magie et les amis qu’elle se fait au tout début du récit. On aime que Méropée Malo aille droit au but, en mettant en scène une romance adulte, sans faux tabou et sans atermoiements sur quatre tomes à la Twilight, si vous voyez ce que je veux dire…

Sorcière malgré elle, Méropée Malo, Castelmore

Cependant, des détails finissent par entraver la lecture. Comment Assia a-t-elle pu ignorer le décès de sa famille pendant huit longues années ? Même si la pension était éloignée de tout, et stricte, et qu’il valait mieux pour Assia qu’elle puisse étudier sans être trop perturbée par les aventures magiques des femmes de sa famille (puis leur décès), le lecteur s’interroge sur ce manque de cohérence. Ce deuil semble par ailleurs bien vite oublié : rapidement, la jeune femme se concentre sur ses soucis financiers, car il lui faut survivre au quotidien… et sur les beaux yeux d’Alec, parce qu’il fait très opportunément son entrée dès les premières pages. La romance entre Assia et Alec prend en effet rapidement beaucoup de place… trop de place, et ce, très rapidement. Certes, Assia est à un âge où l’on s’amourache vite et fort, et où les hormones sont en ébullition… mais tout de même ! Certes, Alec est parfait : il est beau, attentionné, sensible, bien fichu… Tellement parfait qu’il en devient plutôt lisse, malgré les tentatives louables de Méropée Malo de lui donner du relief.

Sorcière malgré elle est tout à fait honorable, malgré quelques maladresses compréhensibles, dans la mesure où il s’agit d’un premier roman. Espérons que le deuxième tome corrige les quelques imperfections du premier !

Sorcière malgré elle, Méropée Malo. Castelmore, 2016.

A propos Emily Costecalde 646 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

2 Commentaires

  1. J’ai lu beaucoup d’avis mitigés sur ce roman et pourtant j’ai toujours très envie de le lire !
    Les défauts évoqués sont un peu les même sur chaque chroniques, mais sont peut être plus ou moins gênants selon les lecteurs. Cette histoire de deuil vite envoyé revient souvent…dommage que l’auteure ne se soit pas un peu plus penchée dessus. Serait-ce lié à l’âge de destination du roman ? Etrange quand même. Quant à la romance qui prend le dessus, c’est malheureusement le danger…et à vouloir faire des hommes parfaits, souvent ils deviennent plats 🙁 Dommage aussi. Bon j’ai malgré tout hâte de le lire et de m’en faire mon propre avis. Sait-on jamais…Je ne m’imagine pas avoir un coup de coeur mais si déjà je passe un bon moment avec la magie et sorcellerie de ce premier tome, ce serait déjà ça.

  2. Je suis en train de le lire et en suis a plus de la moitié. Javoue que le livre est franchemznt sympa mais rempli de maladresse. Alec est est present trop rapidement et leur histoire amoureuse prend trop vite le dessus au detriment du deuil qui est envoyé au dernier plan pour ne pas dire innexistant au bout de quelques pages. Alec et Assia sont un peu trop parfait et lisse ce qui me gene un peu mais apres si elle destinait ce roman a des ados cest peut etre aussi pour ca que ca nest pas tout le temps credible bien quil y ai des explications qui arrivent mais souvent de facon tardive…

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