Un rêve indestructible : clap de fin pour le Power Club

Power Club Un rêve indestructible

ROMAN ADO — Souvenez-vous : le Power Club, c’était une association très sélect de super-héros où l’on pouvait s’acheter sa place à grand coup de billets verts. Grâce à l’argent (et un peu à la science, quand même !), un ado privilégié pouvait se voir donner de grands pouvoirs et un corps invulnérable. Devenu mondialement célèbre, le super-héros nouveau-né alternait alors sauvetages héroïques, fêtes très jet-set et tournages de publicités. C’est ce qu’a vécu Anna Granville à l’aube de ses dix-sept ans. Un rêve ? Pas vraiment.

Attention, puisqu’il s’agit de la chronique d’un tome 3, cet avis de lecture comportera des révélations sur les deux premiers tomes.

Mais dans le tome 1, puis dans le tome 2 de cette trilogie signée Alain Gagnol, Anna avait dévoilé l’étendue de la corruption qui gangrenait le club, aujourd’hui fermé. À ce jour, Anna fait office d’anomalie : officiellement dépossédée des boosters qui faisaient d’elle une super-héroïne, elle a pourtant retrouvé tous ses pouvoirs peu de temps après l’opération. Mieux : elle est même encore plus forte, et c’est désormais la seule à posséder des talents surhumains. À désormais dix-neuf ans, la jeune fille ronge son frein dans la résidence anglais du professeur Klein, où elle subit des analyses quotidiennes et où elle essaie de se remettre du stress post-traumatique que lui ont valu les événements des deux tomes précédents. Elle ne rêve que d’une chose : qu’on l’oublie un peu. Sauf qu’elle est désormais l’ultime super-héroïne de la planète, qui a les yeux rivés sur elle et ne la laissera jamais en paix. Pire encore : le sénateur Wallace, son ennemi juré, semble bien parti pour conquérir la Maison Blanche. Il rêve de mettre au point une armée de soldats enrichis aux boosters… La seule qui peut s’opposer encore à lui… c’est Anna !

Corruption généralisée, menaces sur ses proches, angoisses, et détracteurs virulents : la pauvre Anna a bien des soucis à gérer dans cet ultime volume de ses aventures. Sa némésis est en passe de devenir la personne la plus puissante du monde (difficile, à lire certaines descriptions du bonhomme, de ne pas penser à quelqu’un qui existe réellement et qui vient de quitter le poste en question… just sayin’) et il veut clairement sa peau, quoi qu’il en coûte. Comme tout un paquet de gens qui voient en Anna une monstruosité, qui ne remarquent que les dégâts qu’elle cause lorsqu’elle sauve des gens et qui se sentent globalement en danger par son existence même… Adulée des uns (qui sont prêts à absolument tout pour la rencontrer… quitte à y risquer leur vie), détestée des autres, Anna ne pourra plus jamais avoir une vie normale. Que doit-elle faire de son avenir ? La question pèse sur l’ensemble du roman.

Dans ce dernier tome, Alain Gagnol reprend tous les éléments qui ont fait le succès des deux tomes précédents : beaucoup d’action (avec des scènes de baston épiques !), des méchants odieux (on adore les détester), des sidekicks super attachants (mention spéciale à Lisa !), des considérations éthiques, et une réflexion sur les dérives des grands de ce monde… Un rêve indestructible offre une conclusion digne de ce nom aux aventures d’Anna Granville !

Power Club T3 : Un rêve indestructible, Alain Gagnol. Syros, mai 2018.

A propos Emily Costecalde 755 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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