The Mary Shelley Club : horreur au lycée !

The Mary Shelley Club

HORREUR — Imaginez un peu si les personnages de Gossip Girl étaient fans en secrets de films d’horreur ? C’est un peu l’ambiance de The Mary Shelley Club, un roman vraiment bien ficelé signé Goldy Moldavsky.

Pourquoi cette référence à Gossip Girl ? Tel Dan, l’outsider de la bande dorée de Manhattan, le personnage principal rejoint un lycée prestigieux des beaux quartiers de New York. Là bas, tous sont fils de milliardaires, de sportifs de haut niveau, d’acteurs. Rachel, elle, n’est que fille de prof. Elle commence une nouvelle année dans ce lycée après avoir vécu un profond traumatisme. Elle essaie donc de se forger une nouvelle vie.

Pour exorciser son passé, la jeune fille a commencé à regarder des films effrayants à foison. Lorsqu’elle assiste par hasard à une farce horrifique et qu’elle découvre que les lycéens qui en sont à l’origine forment un club secret, où l’on est fans de films d’horreur, Rachel signe directement. Mais les canulars vont bientôt dégénérer…

Ce roman se montre formidablement efficace, surtout dans sa forme : style enlevé et dynamique, avec de l’humour et un tas de références pop culture bienvenues. L’intrigue progresse pile au bon rythme. Le traumatisme vécu par Rachel se dévoile en détails peu à peu, et l’histoire se penche de manière réussie sur sa gestion de cet épisode douloureux. Le roman, ainsi, parle aux lecteurs de deuil, de trauma, de harcèlement scolaire et de violence, il décortique la passion pour les films d’horreur et ce qu’elle dit de nous. La question qui sous-tend le tout n’est pas difficile à devenir : qui sont les vrais monstres ? Ceux des films ou ceux de la vraie vie ?

Rachel évolue dans un monde auquel elle n’appartient pas vraiment : celui des très riches mais aussi celui du lycée, où elle se sent mal à l’aise. Les codes sociaux lui semblent étrangers, elle préfère passer une soirée à regarder un film dans son canapé plutôt que d’aller à une fête de lycéens. Cependant, n’est-ce pas une façade ? Rachel ne se fait finalement pas prier pour quitter son canapé et rejoindre ses camarades. Elle semble désespérément à la recherche de normalité sous des dehors anticonformistes.

L’angoisse monte tout au fil du roman, lorsque les jeux dangereux auxquels se prêtent le club dégénèrent brutalement. Un délicieux frisson parcourt l’échine du lecteur qui est de plus en plus dérangé par les agissements de Rachel et ses amis. Le suspense est au rendez-vous et la fin, si elle est rapide, a le mérite d’être ouverte et de laisser entrevoir, peut-être, une suite…

The Mary Shelley Club, Goldy Moldavsky. Castelmore, 2022. Traduit de l’anglais par Chloé Royer.

A propos Emily Costecalde 983 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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