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Corps et âme : quête d’identité sur fond de vengeance implacable

Corps et âme, Matz, Jef, Walter Hill, Rue de Sèvres,

POLAR EN BANDE-DESSINÉE — De Matz, nous avions présenté fin 2015 la très belle bande-dessinée consacrée à Julio Popper. Cette fois, il traduit et adapte Corps et âme, un scénario de film de l’américain Walter Hill (sur les écrans en décembre 2016 ou janvier 2017), illustré par Jef.

Frank est loin d’être un type bien. En fait, c’est la crème des tueurs à gage. Il a descendu des dizaines de personnes, proprement, sans bavures et sans histoires, faisant simplement le boulot pour lequel on la payait. Alors, évidemment, il aurait pu se douter qu’une affaire payée double était plus que louche. De fait, il se pourrait qu’on l’ait affreusement roulé dans la farine et qu’il ait été victime d’une vengeance aussi froide qu’implacable.
Mais ça, Frank ne s’en aperçoit que des mois plus tard, à sa sortie du coma… dans un corps de femme. Sculptural, mais vraiment pas le sien. Qui lui a infligé cela ? La vengeance de Frank promet d’être à la hauteur de ce qu’on vient de lui faire et une chose est sûre : il ne compte pas faire dans la dentelle.

Corps et âme s’ouvre sur un sacré suspens qui, au fil des pages, ne se dément jamais. L’histoire est lourde de tensions, quoiqu’on ait une longueur d’avance sur Frank : on ne tarde en effet pas à savoir qui l’a opéré et pourquoi – mais il manque encore les tenants et aboutissants, qu’il cherche à découvrir. Sa quête de Frank est donc émaillée d’échauffourées, de coups bas et, bien sûr, d’hémoglobine.
Car, homme ou femme, Frank reste ce qu’il est : un tueur à gages, méthodique, un peu bourrin et avec un certain caractère. C’est là d’ailleurs le point central du récit : quoi qu’il arrive, Frank reste… Frank. Au fil des pages, on assiste à la façon dont il renoue avec son identité, malgré son nouveau corps (qu’il doit apprivoiser) et sa nouvelle apparence (qui suscite des réactions différentes de celles auxquelles il est habitué), et l’on s’aperçoit que le genre et l’identité ne sont pas tellement figés dans le marbre, ni des notions indépassables.

Ambiance sordide, suspens éprouvant, tons sombres accompagnent cette quête d’identité menée de main de maître. Une très grande bande-dessinée !

Corps et âme, Walter Hill (scénario), Matz (adaptation et traduction), Jef (dessin et couleurs). Rue de Sèvres, mars 2016.

A propos Oihana (417 Articles)
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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