C'est tout chaud !

Fermez les yeux, un thriller hypnotique !

Fermez les yeux, C.J Cooper, Préludes

ROMAN HYPNOTIQUE — Fermez les yeux. Un titre qui illustre bien le thème de ce livre : l’hypnose et le jeu que l’auteur a avec ses lecteurs. De toute façon, la construction narrative ne nous laisse pas le choix, il faudra suivre aveuglément l’enquête sans réellement savoir tout ce qui est arrivé à Sara. Sara a vécu quelque chose de violent à cause de son hypnothérapeute. Sa façon à elle d’exorciser le cauchemar vécu est de faire réaliser un livre par un auteur neutre. Celui-ci interrogera donc tour à tour les amis de Sara, sa famille, ses collègues, des témoins… Il le fera à plusieurs reprises pour rebondir sur ce que chacun lui apporte comme nouvel élément. Le format roman choral est bien exploité.

Stephen Devane, thérapeute reconnu et prisé de Londres propose à Sara d’éradiquer sa peur de l’avion par l’hypnose. Les premières séances semblent porter leurs fruits puisque Sara part enfin en voyage avec sa meilleure amie, au Portugal. Néanmoins, si elle ne fait pas de crise de panique, elle va voir un corps déchiqueté dans son assiette. Outre cela, le voyage se passe très bien et Sara reprend confiance en elle. Elle brigue le futur poste vacant de son responsable et sait que pour cela, elle devra se déplacer à travers le pays, voire plus loin. Vaincre sa phobie est donc une façon de lever un frein à cette promotion. Mais son état va empirer : insomnies, cauchemars, visions… Sara perd l’esprit et avec, son travail et sa vie sociale. Que se passe-t-il réellement pendant ces séances ?

Le ton de C.J. Cooper peut être dérangeant pour donner crédit à ce qu’elle veut illustrer puisqu’elle laisse la légèreté flirter continuellement avec le tragique. Devane est mort, il nous le dit tout de suite et ses interruptions du récit augmentent le nombre de questions que l’on est en droit de se poser. A côté de cela, Sara semble bien sortie du gouffre, presque guillerette. Remonter dans l’histoire à l’aide de plusieurs spectateurs dont les points de vue peuvent vraiment diverger donne un rythme entraînant au roman, il n’y a pas de possibilité d’être perdu puisque chaque personnage est nommé avant de reprendre la parole.

Dans cette micro société londonienne, bien des travers sont critiqués, notamment la bourgeoisie et son oisiveté, sa superficialité mais aussi l’ambition sociale. Mais lorsqu’on lit un thriller, un roman à suspense, on souhaite connaître la fin, avoir les réponses à nos questions. C’est chose faite mais la toute dernière explication manque de précision et laisse un flou désagréable qui peut faire regretter le temps passé sur sa lecture.

Fermez les yeux, C.J Cooper, Préludes, 2016. Traduit de l’anglais par Luc Rigoureau.

Par Bérangère

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