The Rook : attention, OVNI littéraire addictif !

Les éditions Super 8 continuent à nous surprendre avec un drôle de roman, entre polar et fantastique, en somme un véritable OVNI littéraire : The Rook, écrit par l’Australien Daniel O’Malley. Et une nouvelle fois, on se régale. Une héroïne au nom imprononçable, une organisation secrète paranormale, un complot à déjouer. Il n’y a pas à dire, Super 8 fait fort… encore une fois !

Au service surnaturel de sa majesté.

Notre héroïne se réveille à Londres, amnésique. Elle découvre autour d’elle des hommes morts, leurs mains gantées de latex. La situation est déjà étrange : elle le devient davantage encore quand notre héroïne trouve dans sa poche une lettre écrite de sa propre main, lui expliquant qui elle est, prouvant qu’elle savait qu’elle allait perdre la mémoire. Elle découvre qu’elle s’appelle Myfanwy Thomas, et qu’elle est Tour à la Checky, une version paranormale des services secrets britanniques, qui utilise les pions du jeu d’échec comme titres hiérarchiques. Myfanwy apprend également qu’elle a de curieux pouvoirs, comme une partie du personnel de la Checky : elle peut jouer avec les perceptions des gens autour d’elle. Elle doit dissimuler son amnésie et paraître aussi compétente que d’ordinaire, tout en essayant discrètement de comprendre qui lui a volé sa mémoire et a essayé de la tuer. Il n’y a pas de doute : un traître rôde dans les parages.

La vie à la Checky n’est pas de tout repos : Myfanwy travaille pour une organisation vieille de plusieurs centaines d’années, impitoyable et terriblement efficace. En tant que Tour, elle occupe un poste à responsabilités, et est une sorte de fonctionnaire surnaturelle efficace, doublée d’une gestionnaire paranormale méticuleuse, bien qu’un peu coincée. Son acolyte, Gestalt, possède quatre corps pour un seul esprit et s’occupe des opérations de terrain. Une de ses chefs peut pénétrer dans les rêves d’autrui. Et c’est on ne peut plus normal pour la Checky, pour qui il est également habituel de retirer les enfants dotés de pouvoirs à leurs parents, afin d’en faire de véritables combattants. Myfanwy a grandi au sein de la Checky, elle y a passé quasiment toute sa vie et est totalement conditionnée par cette organisation redoutable. Enfin, ça, c’était l’ancienne Myfanwy, celle qui a laissé des lettres un peu partout pour permettre à sa version sans mémoire de s’y retrouver.

The rook (1)

Dualité

The Rook compte dans les faits un personnage principal,mais c’est comme s’il y en avait en réalité deux. En effet, la Myfanwy qui se réveille amnésique n’a pas grand chose à voir avec l’ancienne Myfanwy. L’ancienne était timide, effacée, nerveuse, la nouvelle est fonceuse, dynamique et ne se laisse pas faire. Myfanwy était de ces femmes qui sursautent au moindre bruit, qui n’osent vous regarder dans les yeux, et ne jurent que par des couleurs terriblement sobres. Elle est désormais de celles qui osent et qui n’hésitent pas à faire preuve d’autorité. Le lecteur passe régulièrement de l’une à l’autre grâce aux lettres que l’héroïne a laissé un peu partout à sa propre intention. Il est jouissif d’observer l’évolution de ce personnage, qui se lâche de plus en plus, et ne rechigne pas à avoir recours au sarcasme de temps en temps.

Car finalement, c’est un roman très drôle que nous livre Daniel O’Malley : de l’humour très british et des situations absurdes à la pelle, alliés à un univers complexe, déjà bien détaillé, mais que l’on pourra probablement découvrir plus en profondeur dans les prochains tomes, font de ce roman une vraie réussite, de ces romans que l’on dévore impatiemment. Entre X-Men et X-Files, The Rook est un récit vraiment réjouissant, porté par une héroïne à la personnalité bien trempée. On trouve dans ce roman tout ce qu’on peut espérer d’un roman fantastique bien tourné, et même davantage !

The Rook, Daniel O’Malley. Super 8 éditions, mai 2014.

Par Emily Vaquié

A propos Emily Costecalde 649 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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