Le Pacte du Hob : petit peuple et magie ancestrale !

FANTASY  — Patricia Briggs est une autrice américaine habituée des littératures de l’imaginaire, aussi bien en fantasy qu’en fantasy de l’imaginaire. On vient de découvrir Le Pacte du Hob, un de ses one-shot fantasy, à l’occasion d’une réédition en poche !

Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays, entravée par les sortilèges des mages de sang. Or, voilà que le sortilège est levé. Aren sent croître son propre pouvoir, la vue, qui lui révèle des instants du passé ou bien d’obscurs éclats de l’avenir. Sachant qu’il était synonyme de danger de mort, elle a toujours caché son pouvoir. Mais alors que des maraudeurs pillent le village, tuent son tout jeune mari et le reste de sa famille, elle commence à se demander s’il ne pourrait pas lui servir à prévenir, plutôt qu’à essayer de guérir.
Justement, le peuple sauvage – fées, farfadets, spectres et gobelins – se manifeste de nouveau. Ce qui donne à Aren une nouvelle idée : peut-être le hob de la montagne accepterait-il de se mettre au service des villageois ? Ah ! c’est que l’assistance de cet être qui dit se nommer Caëfann a un prix, et qu’alors il faudra se résoudre à signer son pacte…

Ce que l’on aime dans les romans de Patricia Briggs, c’est l’attention qu’elle porte à ses personnages. Et ce titre ne démérite pas : encore une fois, elle a écrit des personnages très humains (même ceux qui appartiennent au genre des créatures surnaturelles !), auxquels on s’attache aussi rapidement que profondément. Comme dans ses romans de fantasy urbaine, l’autrice met à l’honneur les créatures du petit peuple, le hob en tête.

L’intrigue est très resserrée, puisque tout se déroule dans la même vallée, le même village. On a vaguement connaissance de ce qu’il peut se passer alentours (une guerre, des mages qui abusent de la magie), mais le sort du monde n’est absolument pas en jeu – ou alors nos personnages n’en ont cure, puisqu’ils sont occupés à essayer de sauver leur vallée. Cela change un peu des habitudes du genre, où l’on sauve le monde plus souvent qu’à son tour !
De fait, l’intrigue est assez simple, tout étant centré sur le sauvetage du village et, dans une moindre mesure, l’intégration d’Aren. Malgré cela, le cours du récit est parfois difficile à suivre : en effet, les scènes de la vue d’Aren s’enchaînent avec les scènes courantes, parfois démarquées par l’italique… et parfois sans aucune démarcation. Il peut donc être difficile de déterminer si l’on se situe dans le cours du récit ou dans les visions (parfois horrifiques) d’Aren. De plus, les tenants et aboutissants de ce qu’elle entreprend ne sont pas toujours clairement explicités. Cela laisse une partie de mystère qui s’avère parfois charmante… et parfois agaçante !

Malgré ces petits défauts, l’ensemble se révèle aussi prenant que bien mené. Le rythme de l’intrigue, posé et lent, entrecoupé des réflexions d’Aren, correspond assez à l’intrigue resserrée autour de la vallée et de sa nature préservée. C’est d’ailleurs d’elle qu’est tiré le système de magie mis en place dans le roman.
Au fil des chapitres, un très intéressant débat magie/religion se met en place : en effet, la magie d’Aren est rejetée en bloc par toute une partie de la population. Celle qui, justement, ne croit plus au petit peuple et a embrassé la nouvelle religion récemment débarquée dans la vallée et qui condamne tout pouvoir magique. Dans les faits, la situation est un peu plus nuancée puisque l’on s’aperçoit que certains villageois, eux, sont plus coulants sur la présence de la magie. Tout cela entraîne une intrigue prônant généralement l’acceptation de l’autre dans toute sa différence (qu’il s’agisse d’une personne dotée de pouvoirs ou d’une créature non-humaine).

Si Le Pacte du Hob ne révolutionne pas l’histoire du genre, il propose une intrigue bien menée et intéressante, portée par des personnages touchants, des petites gens forcés de laisser leurs préjugés derrière eux s’ils veulent survivre.

Le Pacte du Hob, Patricia Briggs. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Surgers. Bragelonne (fantasy), réédition mars 2021. 

A propos Oihana 617 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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