Yellow Jessamine : magie ou folie ?

FANTASTIQUE — Caitling Starling est autrice américaine versée dans les littératures de l’imaginaire. Son premier roman était d’ailleurs arrivé finaliste des prix Bram Stoker et Locus, et récompensé du prix Ladies of Horror Fiction, excusez du peu !
On parle aujourd’hui de son deuxième, Yellow Jessamine, un roman gothique et fantastique !

Lady Evelyn Perdanu, magnat des transports maritimes, contrôle la ville de Delphinium grâce à son sens des affaires et aux informations qu’elle récolte à propos de ses habitants. Delphinium n’est pas une cité très riante, car elle subit un siège assez rigoureux, dont elle se tire à grand-peine grâce, justement, au trafic maritime.
Un jour, une maladie inconnue frappe la population, provoquant une étrange obsession qui conduit inéluctablement à la mort. Or, il semblerait que la maladie soit arrivée… à bord d’un des bateaux de la firme Perdanu. Convaincue d’être responsable dans l’épidémie, Evelyn se retire dans sa demeure, entre paranoïa et secrets empoisonnés, résolue à déraciner ce fléau avant qu’il ne détruise tout ce qu’elle a construit.

Caitlin Starling signe ici un roman d’ambiance, à l’atmosphère délicieusement sombre et pesante. Celle-ci vient tout d’abord de l’état de siège de la ville, prise dans une guerre dont on saura, au final, assez peu de choses. Cet enfermement contribue à donner au roman des airs de huis-clos assez angoissant.
Deuxièmement, cela vient du personnage d’Evelyn elle-même : seule femme dans un milieu d’hommes, elle s’astreint à une certaine austérité qui l’aide à asseoir sa puissance. Mais ce n’est pas tout ! Elle a perdu l’ensemble de sa famille assez jeune, et en porte désormais le deuil en permanence, recouverte d’un voile noir qui dissimule ses traits à tous. Avouez que côté image évocatrice, cela en jette !
Enfin, évidemment, cela tient à l’intrigue elle-même. Cette épidémie, qui ressemble au départ à un début d’apocalypse zombie, s’avère au fil des chapitres plus nuancée : est-ce une maladie ? Y a-t-il une sorte de conscience collective qui chapeaute les contaminés ? Ou bien… Evelyn Perdanu sombre-t-elle doucement, mais sûrement, dans les affres de la folie, à force de créer poudres et potions avec les plantes de sa serre ?

Difficile de trancher, et cette ambiance fantastique est maintenue jusqu’à la dernière ligne. On en regretterait presque que le récit soit si court, et l’intrigue conclue de façon si abrupte ! En effet, certaines révélations arrivent un peu rapidement, ce qui donne une impression de facilité sur quelques péripéties.
On a évoqué un peu plus haut l’amour démesuré d’Evelyn Perdanu pour les plantes et la botanique : ces deux passions gouvernent tout le roman, non seulement car Evelyn ne jure que par elles, mais aussi parce que le récit est entrecoupé de planches d’herbiers (reproduites en noir et blanc) qui viennent souligner le récit. Cela confère tout son charme à l’objet-livre !

Yellow Jessamine a donc été une intéressante découverte au rayon fantastique et gothique : le récit prend par son ambiance pesante, et les questions que l’on se pose sur les dessous de l’intrigue. Si celle-ci s’avère un peu courte, on passe néanmoins un bon moment avec !

Yellow Jessamine, Caitlin Starling. Éditions du Chat noir, 11 février 2021. 

A propos Oihana 619 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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