Le Retour du hiérophante : « curain », c’était encore mieux !

FANTASY — Le premier tome de la série fantasy de Robert Jackson Bennett était extrêmement prometteur, fort d’un univers foisonnant et de personnages résolument attachant. Le deuxième volume est souvent le ventre mou d’une trilogie, mais dans ce cas bien précis, c’est tout le contraire : Le Retour du hiérophante place le niveau très, très haut et on a pris un pied d’enfer en retrouvant Sancia, Berenice, Orso et Gregor !

Attention, cet article concerne un deuxième tome et contient des éléments déterminants sur le tome 1 !

Trois ans ont passé depuis la fin du tome 1 et l’effondrement d’une des quatre maisons marchandes qui régentaient la ville de Tevanne. Sancia et ses amis ont lancé leur propre établissement, et, ma foi, tout se passe plutôt bien. Jusqu’au jour où Sancia fait un rêve dérangeant : Valeria la visite en songe pour la prévenir qu’une menace millénaire s’achemine vers la ville. Un hiérophante, excusez du peu. Et pas n’importe lequel ! Crasedes Magnus en personne : cet être de légende, capable d’anéantir une civilisation en un rien de temps, serait de retour… Sancia et ses amis se lancent alors dans une quête désespérée pour empêcher cette catastrophe !

Le Retour du hiérophante combine habilement tout ce qu’il faut pour séduire son lectorat, même les lecteurs chevronnés de fantasy qui ont déjà tout vu ou presque : de l’action en pagaille, un méchant vaguement tragique et extrêmement charismatique, des protagonistes sympathiques, de la magie, un univers romanesque fouillé et enfin, un affrontement certainement pas manichéen entre deux puissances absolument fascinantes. Nos amis sont un peu coincés entre Charybde et Scylla dans ce tome qui se montrera déchirant et parfois choquant à bien des égards. La tension monte de pages en pages jusqu’à un final étonnant ET détonnant, qui ouvre la voie à un troisième tome explosif. Qu’on a hâte de voir ça…

Ce deuxième roman continue à explorer les traumatismes des personnages, qu’il s’agisse de la crise identitaire de Gregor, du passé d’esclave de Sancia, de la culpabilité et du deuil qui rongent Ofelia Dandolo, et enfin, de l’étrange relation qui lie Crasedes à Clef. Il poursuit son portrait d’un monde reposant tout entièrement sur la magie de l’enluminure, avec ce lourd passé que l’on devine au détour de certaines phrases : l’auteur pourrait sans problème consacrer un volume entier au passé de Crasedes Magnus, on imagine bien facilement quelque chose d’aussi riche, d’aussi dense que l’excellent Le Sang et l’or d’Anne Rice qui décrivait aussi la vie d’un immortel sur plusieurs millénaires. Enfin, les questions d’égalité, de liberté, de moralité continuent à habiller le récit : on y parle utopie, défauts de l’humanité, et moyens (pas toujours sympathiques) d’y remédier. Passionnant !

En bref, vous l’aurez compris : c’était un roman qu’on a adoré lire, et qu’on a eu vraiment du mal à lâcher. Bravo !

Les Maîtres enlumineurs tome 2 : Le Retour du hiérophante, Robert Jackson Bennett. Albin Michel imaginaire, 2021. Traduit de l’anglais par Laurent Philibert-Caillat.

A propos Emily Costecalde 871 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

2 Commentaires

  1. Aaaah, je suis contente de trouver quelqu’un qui a autant aimé que moi ! Jusque là je n’ai croisé que des grincheux sur ce tome 2 🙁
    Curain que c’était bien !!!

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