Appartement 16 : mieux vaut ne pas y habiter !

Appartement 16, Adam Nevill
"Le cri" Edvard Munch ©Luisa Ricciarini/Leemage

HORREUR — Derrière les portes en bois précieux des appartements du Londres huppé, il s’en passe des choses bien étranges. Dans les couloirs parquetés résonnent des voix comme venues d’ailleurs et les lustres antiques vibrent sous les coups de butoir d’un vent surnaturel. Pour April, cependant, hériter d’un logement dans cet immeuble de prestige est une délicieuse surprise. La jeune Américaine découvre, ébahie, l’appartement immense et figé dans le temps que lui a légué sa grande tante. Mais les papiers peints fanés et les meubles décrépits cachent une vérité peu reluisante : cet appartement si onéreux, la vieille femme cherchait désespérément à le fuir…

Appartement 16, Adam Nevill

Roman d’horreur qui instille une sourde terreur en son lecteur grâce à une ambiance très pesante et des descriptions précises, Appartement 16 a ce côté fascinant qui plaît dans les romans de Matheson ou de King… dans un genre quelque peu différent. L’endroit, qui donne ici son titre au roman, occupe une place de choix dans la construction de cette atmosphère lourde et angoissante : l’immeuble exhale des relents maléfiques et rentre véritablement au panthéon des demeures hantées. Le moindre détail des lieux est soigné : l’ascenseur se fait piège, la réception le lieu de cauchemars dont il est difficile de se défaire… et bien sûr, l’appartement 16 est le lieu de toutes les terreurs ! Beaucoup de descriptions, donc, mais toujours bienvenues, font de ce roman un authentique roman pour frissonner. L’auteur a eu la bonne idée d’alterner les voix de deux personnages : April, pragmatique et déterminée à lever le voile sur l’étrange malédiction qui pesait sur sa tante et Seth, le portier déjà contaminé par le mal. Cette alternance des regards est efficace et fait monter la pression. Autour d’eux se dessine la personnalité trouble d’un peintre à l’œuvre foisonnante, délirante et surtout dérangeante… C’est bien joué, presque de bout en bout : on pourrait en effet juger la fin un peu abrupte, un peu frustrante. Qu’importe : une fois le roman enfin terminé, on espère enfin retrouver le sommeil, loin des visions dantesques de Hessen et des drames qui se sont joués dans cet immeuble si huppé de Londres…

Un vrai bon roman horrifique !

Appartement 16, Adam Nevill. Bragelonne, 2018. Traduit de l’anglais par François Truchaud.

A propos Emily Costecalde 663 Articles
Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.

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