On nous appelait les Mouches par Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello

ALBUM — L’auteur Davide Cali et l’illustrateur Maurizio A.C. Quarello n’en sont pas à leur première collaboration. Les voici qui se remettent dans un travail à quatre mains avec le très bel album illustré (pour les grands !) On nous appelait les mouches. 

Les mouches, ce sont les enfants qui pullulent sur les montagnes de déchets et les trient inlassablement, dans l’espoir d’en tirer quelque chose qu’ils pourront plus tard échanger contre des rations ou, mieux, de l’eau.
Car depuis l’Éclair Bleu, la vie est devenue drastiquement plus difficile, et le commerce a encore gagné des galons : l’offre et la demande sont reines et il suffit de s’y plier, avec les moyens du bord, évidemment. Par la voix de Lizzy, on découvre donc le quotidien d’une bande de mouches : sous la houlette de Jungle, Lizzy, Penny, Poubelle et Taï-Marc le taiseux extraient des déchets qu’ils portent à Spider, leur chef de secteur, qui lui-même les porte à Afrika, son chef, qui à son tour les porte à l’Obèse, lequel régit la région.
Or, voilà que la petite bande tombe sur un objet totalement inconnu. S’il est inconnu, c’est qu’il est sans doute rare et qu’on peut l’échanger pour beaucoup plus que les trois rations proposées par Jungle (bien qu’il s’agisse déjà d’une excellente affaire !). Direction donc le Grand Bazar, au milieu du désert, pour tenter de faire affaire.

Notre petite bande se lance donc dans un voyage pas si aisé que cela, dans un univers post-apocalyptique particulièrement aride. Les illustrations de Maurizio A.C. Quarello font la part belle aux teintes sables et à un univers aux petits airs de Mad Max pas désagréable ! Ses planches magnifiques fourmillent de petits détails et il est aisé de se perdre dans les décors et arrières-plans très riches – notamment en faune plus qu’exotique.

Dans la plus pure tradition du conte randonnée, les personnages vont de désillusions en découvertes extraordinaires, au fil des lieux du Grand Bazar visités. Et cela tombe bien, car après quelques charlatans et autres voleurs, la petite bande va finir par trouver quelqu’un qui saura enfin les renseigner sur la nature de leur trouvaille… dont on ne dévoilera rien du tout !
Évidemment, la révélation ne surprendra sans doute pas les lecteurs aguerris. Mais l’intrigue est parfaitement mise en scène, et le suspense gardé quasiment jusqu’à la toute fin.

Gros coup de cœur donc pour cet album à quatre mains, qui nous entraîne dans un univers post-apocalyptique et une aventure à la belle portée poétique !

On nous appelait les mouches, Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello. Sarbacane, 7 octobre 2020.

A propos Oihana 601 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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