La Nuit des cannibales, thriller fantastique parisien !

La Nuit des cannibales, Gabriel Katz, Pygmalion, mars 2017

THRILLER FANTASTIQUE – Après la fantasy et le polar, Gabriel Katz récidive avec un polar fantastique teinté d’ésotérisme très efficace !

Maxime de Retz, homme d’affaires aux goûts de luxe de 43 ans, passe une très mauvaise matinée. Au lieu de se réveiller, après cette soirée inintéressante, dans son douillet lit king size, le voilà qui se réveille dans la peau d’un adolescent jamais vu de la vie, doté d’une famille on ne peut plus déprimante.  Jusque-là, c’est vraiment dur. Mais rapidement, il s’aperçoit que rien ne file droit. D’ailleurs, on essaie même de le tuer. Autant dire qu’à partir de là, tout part en vrille.

À la mention du titre, vous pourriez vous attendre à des zombies, mais il n’y en a pas. Il n’y a pas non plus de cannibales,  du moins pas au sens le plus littéral du terme – et on ne vous dévoilera pas de quoi il s’agit pour ne pas gâcher une bonne part de l’intrigue.
L’histoire nous est narrée directement par Maxime de Retz, lequel n’a pas sa langue dans sa poche. Au contraire, il a un avis arrêté – et parfois étriqué – sur tout et n’importe quoi. Le texte se dévide donc avec une gouaille certaine : même si les propos tiennent du drame, du tragique ou carrément de la catastrophe, le texte s’avère très drôle !

La Nuit des cannibales, Gabriel Katz, Pygmalion, mars 2017

Drôle et efficace, avec ça. Les chapitres s’enchaînent, truffés de rebondissements tous plus ébouriffants. Car, au fil des pages, Max enquête sur sa toute nouvelle condition en même temps qu’il essaie d’échapper aux multiples tentatives de meurtre le visant. Difficile, donc de s’ennuyer à la lecture du polar.
Pourtant, cette redoutable efficacité est peut-être une des limites du roman : on a un peu l’impression que tout va assez vite, sans avoir réellement le temps de s’attacher aux personnages ou à la situation. De fait, le roman est tellement efficace qu’il se lit très vite, mais qu’on peut se sentir un tantinet frustré en arrivant à la fin.

Malgré tout, l’auteur a tissé une intrigue vraiment intéressante autour des capacités de la mémoire, sauce « super-héros modernes ». D’ailleurs, si vous le connaissiez pour son univers fantasy, ne vous attendez pas à replonger dans ses royaumes imaginaires : cette fois, l’intrigue se déroule dans notre univers, en région parisienne, d’ailleurs, et s’inscrit résolument dans notre époque. Il s’y déroule seulement des événements parfaitement surnaturels (et assez peu explicités) qui donnent à l’histoire son aspect original.

En définitive, La Nuit des cannibales se dévore avec plaisir, porté par l’enchaînement efficace de ses rebondissements échevelés. Les amateurs d’univers et d’intrigues très fouillés resteront peut-être sur leur fin, mais le roman n’en est pas moins un bon divertissement.

La Nuit des cannibales, Gabriel Katz. Pygmalion, mars 2017.

A propos Oihana 711 Articles
Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre.

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